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5 septembre 2016, par

Le discours d’Yvan Dejean a porté hier sur les propositions du Parti communiste réunionnais pour faire face à l’urgence sociale et préparer l’avenir. C’est un appel à un front réunionnais pour porter un plan de développement capable d’apporter une rupture avec l’échec de toutes les politiques mises en œuvre jusqu’à présent.
Le co-secrétaire général du PCR a commencé son discours en revenant sur les élections qui auront lieu l’année prochaine. Une chose est sûre : « la présence partout dans l’île de candidats communistes aux législatives ».
Il a ensuite salué « la vision prophétique du PCR à sa création en 1959 quand Paul Vergès disait que l’avenir du pays passait par l’autonomie ». Puis il a décliné « des pistes pour changer les choses ». En effet, mis à part le PCR, « aucun parti ne présente des propositions pour La Réunion, ils veulent continuer comme avant avec des emplois aidés et une pincée de défiscalisation ».
Car les problèmes des Réunionnais sont très grave. Ce sont les emplois précaires, le chômage et des revenus insuffisants pour acheter de la nourriture pour le mois.
« Pas d’égalité réelle si on ne règle pas les inégalités », a-t-il souligné. Le PCR appelle à « élaborer des solutions pour abolir les inégalités ».
Le co-secrétaire général du PCR a tout d’abord évoqué le coût de la vie. Le Parti communiste réunionnais propose d’agir sur les deux leviers du pouvoir d’achat : prix et salaires. Pour les prix, il faut agir contre les monopoles par l’intermédiaire de la création d’un organisme qui maîtrise la formation des prix. Il est également important d’aller vers la liberté du commerce, afin que l’essentiel des échanges ne se limitent plus à l’Europe et en particulier la France. 70 % des importations viennent de ces pays, « arrêtons d’acheter le travail des autres alors que le peuple est en manque de travail ».
Pour les salaires, le PCR préconise de chiffrer précisément l’écart des prix entre la France et La Réunion, et de verser ensuite à tout le monde une prime correspondant à ce différentiel.
Sur ce chapitre, Yvan Dejean a précisé la position du PCR sur la sur-rémunération. « Il ne faut pas supprimer la sur-rémunération ». En effet, les personnes qui en bénéficient ont signé un contrat avec l’État, « on ne peut pas y toucher ». Pour les fonctionnaires nouvellement nommés à La Réunion et pour tous les autres travailleurs, le PCR propose une hausse du salaire en fonction du différentiel de prix par rapport à la France établi à la suite d’une étude comparative le plus complète possible.
« L’emploi aux Réunionnais est un combat à mener », a-t-il poursuivi. Il n’est pas juste que des postes de fonctionnaires soient disponibles à La Réunion alors que des Réunionnais susceptibles de les occuper sont nommés en France.
La démographie va créer de nouveaux besoins dans la petite enfance et chez les personnes âgées qui seront toujours plus nombreuses. Pour y répondre, le PCR propose la création d’un grand service d’intérêt public dans l’aide à la personne.
Le changement climatique a des conséquences. Il faut protéger la population et les richesses naturelles. C’est pourquoi le PCR est pour un grand service dans l’environnement.
Ces deux propositions répondent à des besoins durables, elles créeront « des emplois durables », et donc pas des emplois précaires.
Dans le domaine des transports, le PCR soutient le retour à un réseau ferré tout autour de l’île, pour transporter les voyageurs et les marchandises. Le réseau routier est aujourd’hui saturé, et le tout-automobile menace d’asphyxier le pays avec des conséquences sur la santé et sur l’économie.
Le Parti communiste réunionnais insiste également sur l’importance de la coopération régionale. Dans 20 ans, La Réunion aura un million d’habitants et Madagascar 40 millions. La Grande île atteindra plus de 50 millions d’habitants en 2050. Actuellement, 28 pays de notre région peuplés par 600 millions de personnes prépare leur intégration économique. C’est un préalable à un accord de partenariat économique qui ouvrira le marché de La Réunion à toutes les marchandises de ce grand ensemble. Que fera La Réunion si elle reste isolée en tant que région de l’Union européenne, avec l’accord de partenariat économique ? Le PCR propose donc un moratoire de 20 ans destiné à laisser La Réunion en dehors du champ d’application de l’APE, le temps que notre île puisse s’intégrer dans son environnement régional.
Pour financer ses propositions, le PCR compte sur la création d’un Fonds de développement réunionnais. Il sera financé par la globalisation de toute les dotations de l’État, par une taxe sur les bénéfices des sociétés basées en France et qui font des profits à La Réunion, par une épargne attractive pour les hauts revenus, et par la contribution de l’État à l’égalité réelle. Le PIB annuel par habitant à La Réunion est inférieur de 10.000 euros à celui de la France. Rapporté à la population de notre île, cela représente une somme de 8 milliards d’euros. Le PCR propose donc à Paris d’étaler cette contribution sur 20 ans, afin d’abonder chaque année le Fonds de développement réunionnais.
Le PCR demande également des moyens politiques pour donner de la crédibilité à La Réunion, et faire des économies. C’est la proposition d’une assemblée unique, dotée de moyens législatifs et réglementaires. Ces élus auront donc la capacité « d’adapter les lois en fonction de la réalité sociale et économique » de La Réunion. La création de cette assemblée suppose la suppression de l’alinéa 5 de l’article 73 de la Constitution.
« Il n’y a pas d’autre solution qu’une assemblée unique, un fonds de développement et la liberté de commerce sans rejeter les conquêtes sociales obtenues par des décennies de luttes », a affirmé avec force Yvan Dejean.
« Nous sommes majoritaires sur le plan idéologique. Nous sommes pour un rassemblement du peuple réunionnais. Nous pratiquons la politique de la main tendue ». son intervention s’est conclue par un appel au rassemblement pour un front réunionnais « pour dire à Paris : voilà notre politique ».
M.M.
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