Préparer le 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès

Quand Jean-Louis Borloo déclarait : « La Réunion a un siècle d’avance »

17 juillet, par Ary Yée-Chong-Tchi-Kan

Le 14 juillet les camarades de Saint Denis ont organisé une réflexion pour préparer le 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès. Ils ont lié l’événement avec le 30e anniversaire de la Conférence de presse de 1996 et le 10e anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur le Climat.

Photo : visite du ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, dans une station de fourniture d’énergie renouvelable à Sainte-Suzanne de La Réunion. Sa visite est dans le cadre d’une conférence sur le changement climatique et la biodiversité, se déroulant à La Réunion. (source : INA)

Nous avons un recul de 30 années pour apprécier l’effort des politiques publiques, en matière de lutte contre le réchauffement climatique et en faveur du développement durable. Durant 2 décennies, Paul Vergès a engagé la Réunion sur la voie de l’autonomie énergétique qu’on devait atteindre, en 2025. Cela suppose la fin des énergies fossiles, le passage au transport bas carbone, notamment avec le Tram-Train, et la diminution des véhicules thermiques. (Lire à ce propos l’excellent article de Risham Badroudine dans l’édition d’hier.)

Erreur et malentendu

Durant cette période, des Réunionnais ont préféré attaquer la présidence régionale de Paul Vergès. Ils avaient moins de courage que Jean-Louis Borloo qui s’est exprimé ainsi, en 2008 : « La Réunion a un siècle d’avance ». Il était ministre d’État, de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables. Pourquoi avait-il senti le besoin de faire l’éloge des Réunionnais et de complimenter le dirigeant communiste ?

En 2008, cela faisait déjà 7 ans que notre camarade présidait l’ONERC, suivant un vote unanime de la « Loi n°2001-153 du 19 février 2001 tendant à conférer à la lutte contre l’effet de serre et à la prévention des risques liés au réchauffement climatique de la qualité de priorité nationale et portant création d’un observatoire national sur les effets du réchauffement climatique en France métropolitaine et dans les départements et territoires d’outre-mer ».

La Réunion était en pôle position d’une préoccupation mondiale. Jean-Louis Borloo était arrivé, un jour avant l’ouverture de la Conférence sur la biodiversité ; il venait de découvrir l’ensemble des chantiers innovants. Il a appris le projet régional de couvrir la route des Tamarins de plaques photovoltaïques qui devaient alimenter en énergie les infrastructures routières et fournir en énergie 600.000 voitures électriques à l’échéance de 2025. La route des Tamarins n’était pas encore inaugurée. Sans compter les 600 000 arbres déjà plantés.

Il a découvert le projet de Musée des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR). Paul Vergès l’a voulu comme un miroir de la société réunionnaise. Une « société intra-culturelle » où « chaque Réunionnais, d’où qu’il vienne, porte en lui une part de ce qui constitue sa société ». C’est la fin du communautarisme, a-t-il conclu.
Le ministre Jean-Louis Borloo a paru très impressionné. Il a voulu dire combien « tous ces projets réunionnais lui tiennent à cœur ». Eh bien, c’est ce projet exceptionnel, mondialement soutenu, que des Réunionnais ont détruit.
A l’occasion du 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès, il faut rappeler sans cesse ce qui fait la singularité de l’analyse des communistes réunionnais.

Ary Yee Chong Tchi Kan

A la Une de l’actuParti communiste réunionnais PCRAccord de Paris sur le climatPaul VergèsEnergies renouvelables

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus