Après la protestation, où est le projet pour sortir La Réunion de la pauvreté ?
25 juillet, parCombattre les causes du chômage de masse
Le communiqué de l’Agence Française de développement
27 novembre 2012

Voici le communiqué de présentation de l’étude publiée vendredi par l’AFD :
« L’Agence Française de développement (AFD) a révélé vendredi les résultats de l’étude ’Quel niveau de développement des départements et collectivités d’outre-mer, une approche par l’Indice de Développement Humain’. Menée par Olivier Sudrie pour l’AFD, l’étude calcule le niveau de développement de tous les Outre-mer* grâce à l’Indice de Développement Humain*(IDH) et les compare entre eux, avec celui des pays voisins et avec la métropole sur la période 1990-2010.
A La Réunion, on constate une tendance lourde à la réduction des écarts de développement avec l’Hexagone. L’IDH réunionnais croît en moyenne de 0,6% par an. Cette amélioration est principalement tirée par la composante sociale de l’IDH et plus particulièrement par l’indice de l’éducation. L’étude fait ressortir qu’en 2010, l’IDH réunionnais est l’équivalent de l’IDH de la France métropolitaine de 1985.
Les Outre-mer, parmi les territoires les plus développés de la planète
Le rapport indique que le niveau de développement humain atteint par les départements et collectivités d’outre-mer (DCOM) en 2010 les place dans la catégorie des pays à développement humain très élevé (Guadeloupe, Martinique et Nouvelle-Calédonie) ou élevé (Guyane, Réunion et Polynésie). Un seul département français (Mayotte) figurait, en 2005, dans le groupe des pays à développement humain moyen.
A l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon, situé à proximité du continent nord-américain, les DCOM affichent un niveau de développement humain bien supérieur à celui prévalant dans leur environnement régional. Ainsi, les départements français d’Amérique possèdent le plus haut niveau de développement humain de la Caraïbe et la Guyane devance le Brésil et le Suriname. Le niveau de développement de Mayotte, pourtant le plus bas de tous les DOM, était, en 2005, 50% plus élevé que celui des Comores.
20 ans d’écart en moyenne avec la métropole
L’étude estime l’année au cours de laquelle la France métropolitaine avait atteint, le niveau de développement actuel des DCOM. Ainsi, l’IDH de la Guadeloupe en 2010 serait celui de la France métropolitaine de 1998, soit 12 années d’écart. Il est de l’ordre d’une génération pour la Guyane (27 années), de 25 années à La Réunion et de 28 années pour la Polynésie française.
Classement par département : la Guadeloupe entre le Pas-de-Calais et l’Yonne
En termes relatifs, les IDH des territoires ultramarins (0,775 en moyenne en 2010) sont tous faiblement inférieurs à celui de la France métropolitaine (0,883) : moins de 12% en moyenne. Cependant, territoire par territoire, on note une différence de 17% entre la métropole et la Polynésie et de 7% avec la Guadeloupe. Le classement départemental place la Guadeloupe à côté du Pas-de-Calais (à 3% d’écart IDH) et de l’Yonne (5% d’écart).
Des performances sociales élevées, mais un IDH tiré à la baisse par l’indice de revenu
A l’échelle mondiale, les pays plus économiquement développés sont ceux qui affichent aussi le plus haut niveau de développement social. Une évidence qui ne se vérifie pas pour les territoires ultramarins, où ces dimensions ne sont pas corrélées. En effet, la valeur de l’IDH dans les DCOM est tirée à la hausse par sa dimension sociale et à la baisse par les performances économiques (revenu par tête). Plus précisément, ces performances sociales doivent beaucoup aux valeurs élevées de l’indice de la santé (espérance de vie) plutôt qu’a celles de l’éducation : dans le domaine de la santé, l’écart moyen avec la métropole était de l’ordre de 5% seulement en 2010, alors qu’il était de 25% en matière d’éducation. »
| L’IDH : un outil de mesure du développement des territoires ultramarins « L’indice de développement humain (IDH) conçu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) est un indicateur synthétique permettant d’apprécier le niveau de développement d’un pays dans ses deux dimensions principales : sa composante économique d’une part (saisie par le niveau de revenu par habitant exprimé à parité des pouvoirs d’achat) et sa dimension sociale d’autre part. Cette dernière est appréhendée au travers de deux indices : le premier concernant la santé et la longévité, et le second, la participation des jeunes au système éducatif ainsi que le niveau moyen de formation de la population. Le PNUD calcule chaque année la valeur de l’IDH pour quelque 200 nations. Mais, compte tenu de leur statut institutionnel, les territoires ultramarins français ne figurent pas dans ce classement. L’étude a donc pour objectifs (i) de calculer l’IDH selon la dernière méthodologie du PNUD pour chaque territoire sur la période 1990-2010 (dans la mesure des statistiques disponibles) et (ii) d’évaluer et expliquer les écarts de développement entre les géographies ultramarines, entre celles-ci et la métropole ou encore avec les pays limitrophes ainsi qu’avec les autres régions ultrapériphériques européennes ». |
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