Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Vote de confiance sur la politique du gouvernement
9 septembre 2025, par

Hier soir avait lieu un vote sur la politique du gouvernement à l’Assemblée nationale ont l’issue ne semblait guère faire de doute avec une majorité de députés votant contre. Dans ce dernier cas, le Premier ministre François Bayrou avait annoncé hier remettre la démission de son gouvernement ce qui entrainera la désignation d’un nouveau Premier ministre par le président de la République et donc un nouveau gouvernement.
À La Réunion, nous vivons chaque jour les conséquences directes des décisions prises à 10 000 kilomètres de chez nous. Les choix effectués à Paris façonnent notre quotidien, sans que notre peuple ait réellement son mot à dire. Cette dépendance a d’autant plus de conséquences que la France traverse une crise politique profonde, aggravée par le choix du président de dissoudre l’Assemblée nationale au lendemain de la défaite de son parti aux élections européennes l’an dernier. Deux gouvernements se sont succédé depuis.
Ce calcul politicien n’a fait qu’alimenter l’instabilité et l’incertitude, en France comme à La Réunion. Pendant que Paris s’enfonce dans ses querelles d’appareil, notre île continue de souffrir. Ici, plus de 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le chômage reste massif, les jeunes n’ont pas de perspectives, et les familles peinent à joindre les deux bouts. Dans un tel contexte, chaque coup porté par l’État pèse bien plus lourd qu’en France.
Car il faut le rappeler : si les caisses de l’État sont vides, c’est le résultat de choix délibérés. Les gouvernements successifs ont multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises, réduisant drastiquement les recettes publiques. Et maintenant, au nom de « l’effort collectif », Paris exige des plus modestes qu’ils paient la facture ! La politique de rigueur imposée par Paris frappe de plein fouet les Réunionnais, qui voient leurs droits sociaux menacés, leurs services publics affaiblis et leur pouvoir d’achat réduit.
L’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux ajustements techniques. Quel que soit le gouvernement installé demain par le chef de l’État, il doit impérativement changer de cap. Il doit cesser de considérer La Réunion comme une variable d’ajustement et commencer à écouter les propositions émanant de notre pays : elles sont portées par les associations, les syndicats,les partis, les élus locaux et toutes les forces vives qui connaissent la réalité de terrain.
Faire confiance aux Réunionnais, c’est rompre avec la logique qui persiste encore trop souvent dans les relations entre Paris et notre île. C’est reconnaître que nous avons la capacité de bâtir nous-mêmes des réponses adaptées à nos besoins : développer une agriculture nourricière, sauver la canne à sucre, notre or vert, investir massivement dans l’emploi des jeunes, soutenir l’économie réunionnaise et le développement des transports collectifs, garantir l’accès universel aux droits fondamentaux.
Le peuple réunionnais n’attend pas la charité, il exige la justice. Si la France veut rester fidèle à ses principes d’égalité et de fraternité, elle doit cesser de faire payer aux plus pauvres les erreurs de gestion du pouvoir central. Il est temps que la parole et la volonté des Réunionnais soient enfin respectées.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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