Questions à Madame Ségolène Royal, candidate à l’investiture des militants du Parti Socialiste pour l’élection présidentielle

12 octobre 2006

Ségolène Royal arrive aujourd’hui sur l’île de La Réunion, ’à l’écoute des Réunionnais, (pour) percer la profondeur de ses difficultés et pour dégager ensemble des solutions’, comme l’a dit Gilbert Annette, un des responsables réunionnais de cette venue et du Parti socialiste.
Dans cette perspective, nous avons demandé à des Réunionnais de tout horizon les questions qu’ils aimeraient poser à celle qui caracole en tête des sondages. Nous ne doutons pas que Ségolène Royal apporte, lors de ses nombreux meetings et rencontres, des réponses à ces questions. Tous la remercient d’avance.

Mireille Ramiandriosoa, association Femmes Solid’Air

Plus de lois contre la violence faite aux femmes

Ségolène Royale était en visite en Espagne, pays beaucoup plus avancé que la France dans la lutte contre les violences faîtes aux femmes.

- Si elle est élue à la présidence de la République, fera-t-elle voter de nouvelles lois contre les violences conjugales et les assassinats de femmes par leurs ex-conjoints ? Qu’a-t-elle appris de ses homologues espagnols et qu’est-ce qui serait applicable en France ?

- S’engage-t-elle à voter une loi contre la publicité sexiste ?

- S’engage-t-elle à proposer l’établissement d’une déontologie sur le traitement des faits de violence par les médias ? Trop souvent, ces cas de violence sont relégués au statut de faits-divers, alors que ce sont des faits de société.

- Prévoit-elle de voter un budget pour la prévention et le traitement des hommes violents ?

- Peut-elle imposer que les hommes violents soient jugés avant la libération de détention provisoire ?

- Qu’envisage t-elle de faire pour promouvoir le respect et l’égalité entre les filles et les garçons de la crèche à l’université ? Quelles actions de prévention va-t-elle mettre en place ?

- Serait-elle favorable à ce que chaque commune confie à un élu de s’occuper des cas de violences conjugales et des droits de la femme ?

- Est-elle disposée à déclarer cause nationale les violences faîtes aux femmes, comme on l’a déjà fait pour le cancer ?

Marcel Bolon, membre de la CGPER (Confédération Générale des Planteurs et des Éleveurs de La Réunion)

Des moyens pour les agriculteurs

Lors du référendum sur l’adoption de la Constitution européenne, les Français ont voté massivement “non”, puisqu’ils étaient plutôt favorables à une Europe sociale. Ségolène Royal a choisi de voter “oui”.

- Si elle est élue, va-t-elle tenir compte de cette volonté de la population, favorable à une Europe sociale, et ce malgré son vote en faveur du “oui” ?

- En agriculture, est-elle prête à s’engager pour un modèle agricole réunionnais basé sur des petites exploitations ? Est-elle prête à mettre les moyens pour que le maximum d’agriculteurs puissent conserver leurs outils de travail ?

Jean-Pierre Técher, le Président du Comité de Lutte contre l’Exclusion

Pas convié à la visite “Royal”

L’association de Jean-Pierre Técher n’a pas été invitée à rencontrer Ségolène Royal. Pourtant, depuis des années, les membres de ce comité rencontrent les exclus(es) de notre île. "Est-ce un oubli ?", ironise-t-il. Pour lui, le ou la candidate à l’élection interne pour la présidentielle aurait pu échanger avec un collectif d’associations. Leur point commun : la connaissance des besoins des plus démunis. Mais ce n’est pas le cas ! Le CLE prêtera oreille à tout ce qui se dira lors cette visite. Il ne manquera de commenter cette visite “Royal” le moment venu.

Jean-Hugues Ratenon, le Président d’Agir Pou Nout Tout

Prêt à échanger avec les candidats à la présidentielle

"Notre association, dit-il, n’a pas de questions à poser à Ségolène Royale" en promotion pour son investiture à la présidentielle prochaine. Si les militants socialistes la désignent comme présidentiable, "nous aurons des questions et des exigences" à lui transmettre de vives voix.
Dans cette course à l’investiture, il laisse pour l’instant aux militants socialistes le soin de l’interpeller sur des thèmes préoccupants. Il tient à souligner pour terminer : "Notre association n’adhère à aucun parti politique". Jean-Hugues Ratenon est "prêt à échanger avec les candidats à la présidentielle en tournée dans l’île".

Pascaline Lartin, voix des précaires et des contractuelles de l’Éducation nationale

Quelles mesures pour le personnel précaire de l’Éducation nationale ?

Elle est l’une des représentantes de la section précaire du SGPEN-CGTR à porter les revendications des employés en contrats précaires et contractuels de l’Éducation nationale. Ils représentent 1.200 salariés en Contrat d’accès à l’emploi et en Contrat d’avenir, et une cinquantaine de contractuels. Pascaline Lartin explique : "Un CAE effectue 20 heures par semaines pour 500 euros par mois ; un CAV 26 heures pour 700 euros par mois et un CAE (les anciens CEC) 30 heures pour 870 euros".
Régulièrement tombe pour eux, comme pour toutes les familles réunionnaises, le lot de factures à honorer. Même si ces employés ont une situation professionnelle, ils vivent malgré tout dans la peur du lendemain. Ils s’inquiètent pour leur avenir qui passe par le renouvellement de leur contrat pour une période donnée. Mais pour l’instant, aucune solution durable ne leur a été proposée pour la stabilité de leur statut. "Que compte faire Ségolène Royal pour les sortir de cette impasse ?". C’est la question de Pascaline Lartin.

Emmanuel V., 24 ans :

Aide aux étudiants

Les jeunes Réunionnais qui veulent aller étudier hors de leur île, en France ou ailleurs rencontrent d’immenses difficultés liées au prix du billet d’avion, au coût de l’hébergement et des études (inscriptions).
Ma question est : Quelle mesure forte propose-t-elle pour aider les jeunes Réunionnais à surmonter ces obstacles ?

Laurent Sparton, lecteur

Mme Royal va-t-elle tenir compte des choix des Réunionnais ?

Comment va-t-elle tenir compte du vote majoritaire du "non" à l’Europe libérale ?
Va-t-elle accepter les propositions des Réunionnais pour un développement durable et solidaire, pour un Nouveau contrat social et pour l’égalité collective ?

Un cadre d’une entreprise de Saint-Louis

"En quoi vous nous aimez plus que les autres ?"

Les hommes ou les femmes politiques en visite à La Réunion, soit nous disent qu’ils sont de tout cœur avec nous pour tous les malheurs qui nous frappent (le chikungunya, le chômage, les requins, etc...), ou que nous sommes vraiment les meilleurs avec une productivité supérieure à la métropole ou un taux de croissance fantastique...
Madame Ségolène Royale, en quoi vous nous aimez plus que les autres ? Ou plus sérieusement, en dehors de toute démagogie, qu’est-ce que vous êtes venue faire à La Réunion ?

Une mère de famille

Photos dans “Voici”

Je vous ai découverte dans le journal “Voici” où vous étiez en maillot de bain deux pièces, si je me souviens bien... Quel effet cela fait-il de se retrouver en petite tenue dans un magazine people pour une - peut-être - future Présidente de la République ?... La fonction en perd-elle son autorité ?

Patrick Corré, Secrétaire général du SGPEN-CGTR

Ségolène Royal : pour ou contre le transfert des TOS ?

Dans une lettre ouverte adressée à Ségolène Royal, le SGPEN-CGTR demande à la candidate à l’investiture du Parti socialiste et Présidente de Région de préciser sa position : pour ou contre le transfert des TOS ?

Notre organisation syndicale, l’union nationale des SGPEN-CGT, première organisation représentative chez les personnels TOS s’oppose toujours à la loi de décentralisation imposée par J. P. Raffarin sans aucun débat, avec sans autre forme de recours, l’utilisation de l’article 49-3.
Comme vous le savez, dès l’annonce en 2003 des transferts des personnels TOS et des missions qu’ils assument quotidiennement, l’ensemble de la communauté éducative s’est opposé très fermement à cette loi.
A La Réunion, plus encore qu’ailleurs, les transferts ont donné lieu à des manifestations historiques par leur ampleur, et exemplaires par leur combativité.
Les mots d’ordre de ces actions étaient : maintien des missions et des personnels dans la fonction publique d’État, lutte contre l’éclatement du service public.
Une pétition intersyndicale IATOSS a été signée par plus de 50.000 personnels et a été déposée sur le bureau du Président de l’Assemblée nationale.
L’ensemble des partis politiques de gauche est opposé à cette loi y compris la majorité des présidents de Régions et de Départements. C’est du moins ce qu’ils affirment.

Lors des débats à l’Assemblée nationale, le Parti socialiste s’est opposé à cette loi en demandant la suppression de l’article 67 de la loi "le transfert des TOS" avec comme argument fort : "ce transfert de compétence s’inscrit dans la politique de démantèlement du service public d’Education nationale" confirmé par courrier en date du 18 mars 2004 à notre syndicat de J. M. Ayrault, Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.
De nombreux élus et présidents de collectivités territoriales de gauche tiennent les mêmes propos. Lors de rencontres avec les représentants de notre organisation syndicale, vous nous avez confirmé que vous étiez opposée à cette loi non pas seulement pour des raisons financières, mais parce que vous étiez contre l’éclatement du service public.

Le Congrès de votre parti de novembre 2005 au Mans, dans sa synthèse, demande l’abrogation de la loi de décentralisation.
Nous sommes depuis entrés dans une période de pré-échéance électorale pour la présidence de la République à laquelle vous êtes candidate à l’investiture de votre parti, donc présidentiable potentielle. Le besoin de changement de politique est très fort chez les salariés, les Françaises, les Français et les TOS en font partie.
Etre aux côtés des salariés en lutte, les soutenir contre les mauvais coups du gouvernement de droite, c’est bien, agir pour le changement de politique, c’est mieux. Au regard de votre programme , celui du Parti socialiste, intitulé “Réussir ensemble le changement”, nous sommes inquiets que tout ce que vous avez porté sur la loi de décentralisation contre le transfert des TOS ne soit nullement mentionné dans votre programme.

Auriez vous changé d’avis ? Plusieurs présidents socialistes de collectivités territoriales semblent s’accommoder de cette loi et des transferts, certains même, lors de l’assemblée de l’A.R.F à Lille les 7 et 8 juin derniers, dans leurs interventions "regrettent de ne pas avoir eu le transfert des assistants sociaux et des COPSY", d’autres prônent de véritables gouvernements de région.
Dans “Le Figaro” du 1er juillet 2006, Brice Hortefeux, Ministre délégué aux Collectivités territoriales, précise sur la décentralisation : "d’ailleurs, le programme du Parti socialiste ne prévoit nullement d’abroger la loi Raffarin d’août 2004, ce qui est un signe révélateur".
Au regard de tout cela, notre inquiétude et celle des personnels est grande. Vous nous avez soutenus dans nos luttes, aujourd’hui, il semblerait que ça ne soit plus d’actualité. Devons-nous penser que ce soutien était de circonstance ?
En tant que présidentiable potentielle, nous vous demandons un éclaircissement de votre position quant au transfert des TOS. Nous réitérons notre revendication portée depuis le 28 février 2003, à savoir l’abrogation de la loi, le retour des personnels TOS et de leurs missions des collectivités territoriales vers la fonction publique d’État, seul garant de l’égalité de traitement de tous les usagers.

Nous attirons par ailleurs votre attention sur la situation toute particulière de l’Académie de La Réunion, notamment sur le plan de l’emploi public TOS (académie la plus déficitaire de France - 500 postes TOS ; 1 TOS pour 75 élèves à La Réunion pour 1 TOS pour 75 élèves en moyenne en métropole) et sur celui d’une précarité record dans nos services (plus de 1.200 contractuels et précaires filière ATOSS).
Vous remerciant de bien vouloir répondre à nos interrogations, veuillez recevoir, Madame, l’expression de nos salutations distinguées.


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Témoignages - 82e année


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