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Mission d’un délégué UMP
4 octobre 2008, par

La stratégie d’ouverture mise en application par l’UMP en France n’a pas droit de citer à La Réunion. C’est ce que l’on peut déduire des propos tenus par le délégué de l’UMP en mission à La Réunion. Ces affirmations rappellent une époque que l’on croyait révolue, celle du gouverneur. Qu’il puisse exister à La Réunion des élus qui acceptent ce type de propos, cela signifie que ces élus ont accepté de vivre sous le régime du gouverneur.
Dans son édition d’hier, "le Quotidien" fait état de propos tenus par le délégué de l’UMP en mission au sujet de la présidente du Conseil général.
Madame Dindar fait une alliance d’ouverture qui ne correspond pas à la politique et à la stratégie politique des élus UMP. La page est tournée.
Or, on ne peut que constater que depuis au moins la campagne de la présidentielle, un des principaux mots d’ordre de l’UMP est l’ouverture.
Le 11 février 2007 devant ses comités de soutien, Nicolas Sarkozy prononçait à la Mutualité à Paris un discours intitulé "Rassembler tous les Français". En voici un extrait : « C’est parce que je suis sûr de mes convictions, sûr de mes valeurs, sûr de mon projet, que je crois à la nécessité de l’ouverture aux autres, que je n’ai aucune réticence à affronter des idées différentes, des opinions différentes, que cet échange peut être fécond, enrichissant. (...)
Il s’agit plus simplement dans cette campagne de ne plus se poser la question des étiquettes, mais de parler seulement des convictions de chacun. De faire ce constat que sur certains sujets, dans certaines circonstances, les citoyens d’un même pays aimant profondément leur patrie peuvent avoir des choses à se dire, peuvent se sentir en accord, peuvent échanger, travailler, construire ensemble au nom des mêmes principes, des mêmes convictions pour lesquels ils ont pu se battre tout au long de leur vie ».
Des « alliances d’ouverture » en France
Dès son élection, Nicolas Sarkozy mettait ce discours en pratiquant l’ouverture. Plusieurs responsables du Parti socialiste sont ainsi entrés dans le gouvernement. Cette stratégie s’est poursuivie depuis.
Car moins d’un an plus tard, Nicolas Sarkozy et l’UMP appelaient à ouvrir les listes aux municipales. Dans un article paru le 27 décembre 2007, "le Figaro" rappelle qu’une liste de 500 personnalités de la société civile ou issues d’autres formations politiques que l’UMP, notamment le PS, a été proposée pour intégrer les listes UMP aux municipales, voire même pour les conduire, dans les villes de plus de 30.000 habitants. Cela veut donc dire que pour l’UMP, l’ouverture fait partie de sa stratégie.
Mais alors, si cela est juste à Paris, pourquoi la situation changerait-elle à La Réunion ? Le changement d’hémisphère explique-t-il à lui seul pourquoi les alliances d’ouvertures demandées par la direction nationale de l’UMP à ses élus locaux en France, ne correspondent pas à la stratégie politique à La Réunion ?
Négation de la responsabilité
Par ailleurs, le délégué parisien en mission de l’UMP n’hésite pas à affirmer au sujet de la présidente du Conseil général « qu’elle sera totalement libre de faire ce qu’elle veut, et nous, nous composerons notre groupe au Conseil général. J’ai voulu commencer par la Région, mais on est dans les temps ».
Autrement dit, un délégué de Paris affirme haut et fort que c’est lui qui commande à La Réunion.
De tels propos renvoient La Réunion à l’époque du gouverneur, un envoyé de Paris en mission qui avait des pouvoirs considérables sur les Réunionnais. Dans un pays qui a connu l’esclavage, puis la colonisation dans un régime dominé administrativement par le gouverneur, de tels propos ne sont pas acceptables. Mais qu’il puisse exister à La Réunion des élus réunionnais qui acceptent un tel langage et aillent même jusqu’à l’approuver, cela signifie qu’ils ont accepté de vivre sous le régime du gouverneur, comme au temps du statut colonial.
M.M.
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