Hier sur la place des Droits de l’Homme à Saint-Denis

Rassemblement contre l’extrême droite : pas une voix pour Le Pen à La Réunion

4 mai 2017, par Manuel Marchal

Les Réunionnaises et les Réunionnais étaient appelés hier soir à se rassembler contre l’extrême droite. Ce rendez-vous politique était en effet considéré comme un moment important. Pour les participants, le message est unanime : l’extrême droite ne doit pas arriver au pouvoir, la démocratie est en danger. A cet appel ont répondu des citoyens issus de tous horizons animé par une détermination commune : faire barrage à Le Pen. Le PCR a apporté son soutien à cette initiative par la présence d’une délégation conduite par son secrétaire général Maurice Gironcel.

Faire barrage à l’extrême droite, tel était le thème central du rassemblement organisé hier par 10 organisations à Champ-Fleuri. Ce haut lieu symbolique s’est transformé pour la circonstance en un carrefour des luttes contre Le Pen. Les différents orateurs se sont succédé près de la Dalle des droits de l’homme, où un message du fondateur de la Journée mondiale de lutte contre la misère était plus que jamais d’actualité.

Pour L’UNEF Réunion, la Ligue des droits de l’Hommes, la Ligue de l’Enseignement, la CGTR, la CFDT, l’UNSA, l’UNL, Orizon, la LMDE et Solidarité étudiante, le message est clair : « Les Réunionnais ne doivent pas se tromper, le Front National n’est pas et ne sera jamais une réponse aux difficultés qu’ils rencontrent. Ce parti fasciste et xénophobe a besoin de la misère pour vivre, il n’apportera aucune solution, il continuera de diviser et de stigmatiser. Le Front National demeure un danger pour la démocratie, la liberté d’expression, la liberté de la presse ou encore la liberté syndicale ».

Maurice Gironcel, Gilles Leperlier et Jean-Yves Langenier.

Soutien du PCR

Bien des droits essentiels ne s’appliquent pas à La Réunion, à commencer par le droit au travail, le droit au logement. Les luttes ont permis d’arracher d’autres droits, tels que la liberté d’expression, le pluralisme des opinions ou encore les droits syndicaux, à la santé, à l’éducation. Ces batailles ont également permis de construire à La Réunion une société ouverte sur l’extérieur. Venus des quatre coins de l’île, les manifestants ont montré leur attachement à ses conquêtes, c’était l’union des générations pour dire non à Le Pen et organiser la résistance à l’implantation de l’extrême droite à La Réunion. Une délégation du PCR a apporté son soutien à ce rassemblement. Elle était conduite par le secrétaire général Maurice Gironcel et comprenait notamment Jean-Yves Langenier et Gilles Leperlier.

Samantha Pothin, présidente de l’UNEF-Réunion, a lu une déclaration. À ses côtés à la tribune étaient présents notamment Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR, Jean-Pierre Rivière, secrétaire général de l’UIR-CFDT, Erick Chavriacouty, secrétaire départemental de l’UNSA, et Isnelle Gouljar, présidente de la section de La Réunion de la Ligue des Droits de l’Homme.

À la tribune, les responsables des syndicats et associations organisatrices.

FN : « programme raciste, xénophobe et élitiste »

La représentante des étudiants est tout d’abord revenue sur le programme inquiétant de l’extrême droite : suppression de la bourse sur critères sociaux, suppression de l’étude des cultures étrangères notamment pour ce qui concerne l’éducation. C’est un « programme raciste, xénophobe et élitiste ».

Le FN veut aussi remettre en cause l’abolition de la peine de mort. « Malgré l’emballage, le fond reste le même, ce parti n’a rien de républicain ».

L’extrême droite est aussi un danger pour le vivre ensemble réunionnais.

Samantha Pothin a également souligné la présence de la violence dans le Front national, une violence qui réprime ceux qui ne sont pas d’accord, ce que la dirigeante de l’UNEF qualifie de « fascisme ».

« Il faudra se battre partout »

En réponse à ceux qui disent vouloir donner une chance au Front national pour voir ce dont il est capable, Samantha Pothin a rappelé ce qui se passe dans les municipalités dirigés par ce parto : fichage des enfants ayant des prénoms à consonnance étrangère, expulsion de la Ligue des droits de l’Homme, répression syndicale, « voici ce qui nous attend ».

La responsable du syndicat étudiant a conclu son discours en appelant à la résistance. « Quel que soit le résultat du second tour de la présidentielle, il faudra se battre partout pour construire une alternative au FN » en direction des personnes tentées par ce vote.

Après cette intervention très applaudie, le rassemblement s’est poursuivi sous la forme d’échanges par petits groupe avec un mot d’ordre : pas une voix à l’extrême droite.

M.M.

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