Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Tir de barrage contre la dépense publique
17 janvier 2006

L’objectif d’austérité fixé à la Sécu est incompatible avec le financement des retraites et la prise en charge des personnes âgées dépendantes.
« Impossible » à tenir, a réagi la présidente de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, Danièle Karniewicz, à l’annonce par Dominique de Villepin de son intention de limiter à 1% la hausse des dépenses de Sécurité sociale.
L’arrivée à l’âge de la retraite, à partir de cette année, des générations nombreuses du baby-boom rend cet objectif tout simplement irréaliste, sachant que « les dépenses (de retraite) vont augmenter de 20% en volume entre 2003 et 2010 », a-t-elle souligné. « Ce sont des générations en partance maintenant et on ne peut pas comprimer ces dépenses. »
Une hausse inéluctable
Outre le phénomène du papy-boom, l’allongement de l’espérance de vie et son corollaire, la dépendance, entraînent une hausse inéluctable des besoins de financement de la protection sociale.
Régime de retraite, assurance-maladie, mais aussi l’État et les collectivités locales, qui financent notamment l’allocation personnalisée autonomie (APA), sont directement concernés. Les soumettre à la norme d’austérité voulue par Dominique de Villepin reviendrait à les empêcher de répondre à une demande sociale qui, dans ces domaines du troisième et du quatrième âge, se fait déjà très pressante et, dans les prochaines années, va croître de façon quasi exponentielle.
« Pas d’équivalent dans le passé »
Un rapport récent de la très officielle Cour des comptes a montré combien le « défi médical, social et financier » de la prise en charge des personnes âgées dépendantes est « largement sous-estimé ».
Cette population va connaître, d’ici 2040, une augmentation « qui n’a pas eu d’équivalent dans le passé », atteignant alors 1,22 million, moitié plus qu’en 2000.
Aide à domicile, santé, hébergement en maisons de retraite... Les déficits sont déjà criants, comme l’a révélé la canicule de 2003. À l’avenir, le coût des différentes modalités de prise en charge de la dépendance va exploser.
Des enjeux financiers importants
Exemple, l’APA, allocation universelle créée en 2002 et qui a connu une « montée en charge beaucoup plus rapide et forte que prévu » (911.000 bénéficiaires au 30 septembre 2005, à domicile et en établissement) : le gouvernement Raffarin n’a trouvé d’autre solution pour la financer que d’en durcir les conditions d’octroi et de supprimer un jour férié.
Selon la Cour des comptes, cette prestation devrait coûter 6 milliards d’euros en 2020, « soit une augmentation de 64% par rapport à 2004 ». « Pour l’assurance maladie et les personnes elles-mêmes, les enjeux financiers sont supérieurs à ceux de l’APA » : les coûts supplémentaires seraient de 3 à 4,7 milliards d’euros par an pour la première, et de 1,6 à 2,7 milliards d’euros pour les résidents en établissements à l’horizon 2020.
Nos peines
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