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Une délégation de l’Alliance rejoint les manifestants
25 juin 2010

Hier, l’Alliance a demandé de débattre d’urgence sur la question pour laquelle des milliers de personnes étaient dans la rue : les retraites. L’urgence demandée pour débattre de la motion de l’Alliance a été refusée par Didier Robert. Immédiatement, Béatrice Leperlier a annoncé le départ d’une délégation de l’Alliance pour porter la solidarité vers les manifestants. Paul Vergès et Béatrice Leperlier se sont ensuite rendus au Petit-Marché, point de départ de la manifestation de Saint-Denis. Voici le texte de la motion de l’Alliance.
Considérant la journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites ce jeudi 24 juin 2010,
Prenant acte que l’Assemblée plénière du Conseil régional a été convoquée à cette même date,
Les Conseillers régionaux soussignés demandent au Conseil régional d’examiner en urgence le texte de la motion ci-dessous :
« Considérant les orientations annoncées par le Gouvernement concernant la réforme des dispositions actuelles du régime des retraites qui font supporter principalement aux salariés le poids du financement du dispositif ;
Considérant que ces orientations prévoient notamment
- de repousser l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans,
- un allongement de la durée de cotisations,
- une contribution marginale des revenus financiers et du capital,
- le refus de prendre en compte la pénibilité de certains métiers,
- la remise en cause de nombreux acquis sociaux sous couvert d’harmonisation de différents régimes ;
Considérant que sur le plan national, le problème décisif du chômage et du sous-emploi — qui “privent” de cotisations le système de retraites — n’est pas pris en compte alors que seules la lutte contre le chômage et la précarité et l’augmentation du nombre d’emplois permettraient de réduire durablement les déséquilibres du financement des régimes de retraite ;
Considérant que cette réforme apparaît ainsi comme porteuse d’une régression sociale ;
Considérant plus particulièrement la situation à La Réunion caractérisée par un chômage massif, de plus en plus de précarité des emplois, et 52% des Réunionnais vivant au-dessous du seuil de pauvreté national ;
Considérant que la réforme envisagée, avec l’allongement prévu de la durée de cotisations, et le recul de l’âge légal du départ à la retraite, conjugué au chômage massif structurel et à la précarité à La Réunion, privera encore plus de retraités du privé de la retraite à taux plein et fera augmenter le nombre de bénéficiaires du minimum vieillesse ; et que c’est l’écrasante majorité des Réunionnais qui se retrouvera demain en dessous du seuil de pauvreté ;
Considérant notamment que 2/3 des Réunionnais n’ont pas de retraite à taux plein dont 1/3 perçoit le minimum vieillesse ;
Considérant plus particulièrement la situation des jeunes frappés par le chômage ; et que les jeunes formés et diplômés entrent de plus en plus tard dans la vie active, et qu’ils ne réuniront jamais les annuités de cotisations nécessaires pour percevoir une retraite décente ;
Considérant également la faiblesse et la précarité de la retraite des agriculteurs ;
Considérant que cette réforme va de surcroît accroître les inégalités entre les retraités de Métropole et ceux de La Réunion, car l’espérance de vie à La Réunion est plus faible qu’en Métropole, tant pour les hommes que pour les femmes ;
Considérant qu’à La Réunion, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans va doubler d’ici 2030 et que le système des retraites représente ainsi un enjeu de société considérable ;
Le Conseil régional :
- Exprime sa pleine solidarité avec toutes celles et tous ceux qui participent à la mobilisation pour protester contre les orientations de cette réforme ;
- Réaffirme son attachement à l’acquis social représenté par l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans ;
et demande au Gouvernement :
- D’ouvrir une réelle concertation avec l’ensemble des forces sociales pour déterminer les mesures à prendre pour rétablir les équilibres financiers et garantir la pérennité du système des retraites dans le respect des acquis sociaux, de la justice sociale et de l’équité ;
Dans cette perspective :
- De prendre en compte la situation des plus pauvres, notamment à La Réunion, afin que la réforme ne participe pas à l’aggravation de la pauvreté et de la précarité ;
- De prendre en compte, dans cet esprit, la nécessité d’une revalorisation des basses retraites ;
- De donner une suite favorable à la demande de versement du minimum vieillesse le 1er au lieu du 15 du mois comme c’est actuellement le cas à La Réunion ».
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