Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
D’autres communes concernées à La Réunion ?
21 juillet, par

Photo : manifestation d’élus revendiquant plus d’argent de la France pour embaucher des travailleurs précaires dans les collectivités.
À Saint-Joseph, la baisse des PEC de 400 à 32 entraîne la suppression de plusieurs services périscolaires. Plutôt que de recruter des agents titulaires pour assurer des missions permanentes de service public, la commune a choisi de réduire ses prestations. Les familles en paient le prix. Cette décision pourrait-elle être suivie par d’autres communes confrontées à la diminution de l’argent de la France pour payer les emplois précaires assurant les missions des fonctionnaires titulaires ?
La commune de Saint-Joseph a annoncé ce 20 juillet vouloir supprimer la garderie, les mercredis périscolaires et les centres de loisirs d’octobre. C’est un premier avertissement pour toute La Réunion. Derrière cette annonce, c’est la conséquence directe de la réduction de l’argent versé par la France pour payer les collectivités qui emploient des travailleurs contraints d’accepter un contrat Parcours Emploi Compétence (PEC) ultra-précaire et sous-payé pour sortir quelques mois du chômage. CES pec accomplissent des missions qui doivent l’être par des fonctionnaires surrémunérés.
En un an, Saint-Joseph est passée de 400 contrats aidés à seulement 32. Une baisse de plus de 90 %. Depuis des décennies, ces emplois précaires sous-payés, subventionnés par l’argent de la France, permettent aux communes réunionnaises d’assurer des missions permanentes de service public. Ces emplois qui devraient relever d’agents titulaires surrémunérés de la fonction publique territoriale sont confiées à des travailleurs recrutés pour quelques mois, à temps partiel et pour un demi-SMIC.
Face à cette diminution brutale des financements, deux choix étaient possibles. Le premier consistait à réorganiser les dépenses pour recruter des agents pérennes afin de garantir la continuité des services dus à la population. Le second était de supprimer les prestations. C’est cette deuxième option qu’a retenue la municipalité de Saint-Joseph.
Ce sont donc les familles qui paieront le prix de cette décision. La disparition de la garderie, des activités périscolaires et des centres de loisirs compliquera le quotidien de nombreux parents et réduira les services auxquels les habitants étaient habitués. La variable d’ajustement n’est pas le fonctionnement de la collectivité, mais la qualité du service rendu à la population.
Cette situation pose une question qui dépasse le seul cas de Saint-Joseph. D’autres communes, confrontées à la même réduction des aides de la France, feront-elles le même choix ? Réduiront-elles à leur tour les services publics, ou engageront-elles une réorganisation de leurs dépenses afin de maintenir les missions essentielles en recrutant des agents dans le cadre normal de la fonction publique territoriale ?
La fin progressive du financement par la France d’emplois ultra-précaires met les collectivités face à leurs responsabilités. Pendant des années, les contrats aidés ont permis de masquer le manque de postes statutaires. Aujourd’hui, ce modèle atteint ses limites. La réponse apportée par les communes déterminera non seulement la qualité des services publics, mais aussi leur conception de l’intérêt général. Le cas de Saint-Joseph pourrait bien annoncer ce qui attend les populations d’autres collectivités réunionnaises.
M.M.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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