Un parti raciste s’affiche et a déjà des élus dans notre pays

Saxe-Anhalt : le poison de l’extrême droite n’épargne pas La Réunion

7 septembre, par Manuel Marchal

Notre île est pourtant l’un des exemples les plus éclatants de société construite par les migrations. Réunionnais d’origines africaine, malgache, indienne, chinoise, européenne, ou comorienne vivent ensemble sur cette terre façonnée par des siècles de déplacements de populations. L’histoire de La Réunion est celle d’un peuplement venu d’ailleurs. Et pourtant, le poison raciste y progresse lui aussi.

Photo : Pétain était le chef du régime d’extrême droite qui dirigeait la France entre 1940 et 1944. Ce régime collaborait avec les nazis. Son mot d’ordre est le nom du parti français d’extrême droite implanté à La Réunion.

L’extrême droite ne se cache désormais plus. Elle dispose d’une organisation, de candidats, d’un poids électoral et même d’élus. Le paradoxe est saisissant : dans une société dont une immense majorité de familles peut retrouver, dans son histoire récente, l’arrivée sur l’île d’un ancêtre venu d’un autre pays, des représentants d’un courant politique qui fait de l’étranger et de l’immigré des boucs émissaires peuvent désormais exercer des responsabilités électives.

Le racisme ne progresse pas seulement dans les sociétés où l’immigration serait récente ou marginale. Il peut aussi s’implanter dans des populations elles-mêmes issues de migrations successives. C’est précisément le danger du discours de l’extrême droite : faire oublier aux victimes potentielles de ses politiques leur propre histoire et leur faire croire que leurs difficultés viennent de personnes encore plus vulnérables qu’elles. On comprend alors pourquoi un maire d’extrême droite a pris parti contre la célébration de l’abolition de l’esclavage

À La Réunion comme ailleurs, la colère sociale est réelle. Vie chère, chômage, pauvreté, logement, inégalités : les raisons de la colère ne manquent pas. Mais plutôt que de s’attaquer aux mécanismes qui produisent ces injustices, l’extrême droite propose des boucs émissaires.

C’est ainsi que fonctionne le poison raciste : il transforme un sentiment en haine de l’autre.

De Saxe-Anhalt à La Réunion, le même combat se pose donc : empêcher que la colère populaire soit récupérée par ceux qui divisent les travailleurs, opposent les populations et détournent les regards des véritables responsables des inégalités.

L’histoire nous enseigne où peut conduire cette mécanique. La combattre aujourd’hui est une responsabilité démocratique.

M.M.

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