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Un deuxième ex-cadre d’Air France débarque à la tête de la compagnie réunionnaise
25 avril 2012, par

La nomination précipitée d’un cadre d’Air France pour remplacer un Réunionnais à la tête d’Air Austral avait été remarquée, deux jours avant le premier tour de la présidentielle. Avec l’arrivée prévue d’un ancien cadre d’Air France qui avait quitté Air Austral en mauvais termes, les pièces du puzzle apparaissent au grand jour. Mais la précipitation dans l’application de ce plan témoigne de la crainte qu’inspire chez ceux qui veulent prendre Air Austral le changement de président de la République.
Avec Paul Vergès à la présidence du Conseil de surveillance, et Gérard Ethève à la tête du directoire, Air Austral a réussi à devenir une réussite exemplaire. Elle avait même réussi à se hisser largement devant Air France sur la liaison La Réunion-France. C’était un véritable affront pour l’ancienne compagnie du monopole français. Force est de constater qu’avec Didier Robert à la présidence du Conseil de surveillance, Air Austral vient de repasser derrière Air France, l’affront est lavé pour Air France. Mais ce n’est pas fini.
Quand il menait une campagne de presse contre l’ancienne direction d’Air Austral, le "Journal de l’île de La Réunion" avait annoncé très clairement le 11 janvier qu’un ancien cadre d’Air France allait débarquer dans les bagages de Didier Robert dès que ce dernier se serait octroyé la présidence du Conseil de surveillance. Le "JIR" avait présenté Gabriel Pinelli comme futur directeur d’Air Austral.
Gabriel Pinelli n’est pas un inconnu. Il a travaillé longtemps chez Air France avant de venir à Air Austral. Alors qu’il avait d’importantes responsabilités dans la compagnie, il a décidé de partir en mauvais termes parce qu’il refusait de reconnaître l’autorité de Gérard Ethève, directeur réunionnais de l’entreprise réunionnaise.
La prise de pouvoir de Didier Robert grâce à des socialistes à la Région lui a permis de s’octroyer la présidence du Conseil de surveillance d’Air Austral. Cela fait plus de 2 ans que Didier Robert démolit les projets en utilisant son mandat de président de Région. Il apparaît de manière tout aussi évidente que la prise de contrôle de la direction opérationnelle d’Air Austral par des cadres travaillant ou ayant travaillé à Air France découle d’un plan mûri de longue date. C’est ce que confirment l’article publié voici plus de 3 mois par le "JIR" préparant la venue de Gabriel Pinelli, et celui daté d’hier qui annonce la nomination de ce même Gabriel Pinelli dans le directoire d’Air Austral.
La précipitation annonce l’échec
Force est de constater également qu’il y a un événement qui a obligé à précipiter l’application de ce plan. Ainsi, tout est fait pour que le nouveau directoire soit en place avant le second tour de la présidentielle.
C’est bien la preuve que ceux qui veulent prendre le contrôle d’Air Austral sont conscients d’une chose. La politisation de la gestion d’Air Austral voulue par Didier Robert place l’avenir de la compagnie au cœur de l’élection présidentielle. Cela les pousse à agir dans la précipitation en pensant créer un fait accompli qu’ils espèrent irréversible.
Or, la seule chose irréversible au cours de ces 15 prochains jours, ce sera le changement de président de la République. Et comme l’avenir d’Air Austral est devenu un des enjeux de l’élection, il est clair que le changement fera échouer ce plan et permettra de sauver Air Austral, entreprise réunionnaise, dirigée par des Réunionnais, et à capitaux réunionnais.
Manuel Marchal
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