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Réactions à la recommandation de la Cour des Comptes
14 février 2015, par

Mercredi 11 février, la Cour des comptes rend public son rapport annuel, dans lequel il est préconisé une refonte du régime des sur-rémunérations des fonctionnaires. En Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, un fonctionnaire de l’Etat touche 40 % de salaire en plus qu’en France, contre 53 % à La Réunion.
Pour la Cour des comptes, le système de rémunération est « à bout de souffle », il comporte « des failles » qui « pèsent lourdement sur le budget de l’Etat et des collectivités territoriales ». L’enveloppe estimée pour 2012 s’élève à 1,8 milliards d’euros, dans le budget de l’Etat, pour près de 91.000 fonctionnaires, soit 4,2 % de l’effectif total.
À l’heure où le gouvernement veut faire des économies pour répondre aux conditions imposées par Bruxelles, cette manne d’argent pourrait être supprimée, comme l’avait présagé le sénateur communiste Paul Vergès, en 2013.
Pour certains élus antillais, il faut conserver le système actuel. Pour la socialiste et ministre des Outremer, George Pau Langevin, « actuellement le ministère des Outre Mer ne voit pas du tout pourquoi il remettrait sur le chantier ce système ». Pour l’ancienne députée, la surrémunération « correspond quand même à des difficultés réelles concernant le coût de la vie et concernant l’attractivité des postes ».
Pour Victorin Lurel, président du Conseil régional de Guadeloupe, « lorsque l’on analyse cette question en ignorant la dynamique créée par les 40 % ou la surrémunération, due à des différences de coûts et niveaux de prix » et « quand on ignore les effets induits en consommation et production, donc le cercle vertueux qui se crée entre la production et la consommation généré par cette surrémunération », alors la Cour des comptes a « une vision étriquée et rate une occasion d’une analyse économique pertinente ».
De son côté, le sénateur socialiste de la Martinique, Serge Larcher, « la Cour des comptes est coutumière pour épingler les Outre-mer ». Cependant « si on veut parler de cela, il faut tout mettre à plat. Il est manifeste, et les événements de 2009 l’ont prouvé, qu’il y a un différentiel sur le coût de la vie entre la métropole et les territoires. Il y a un héritage du passé qui plombe l’outre-mer et par conséquent, il faut en parler aussi ! Si on veut arriver à l’égalité dont on parle beaucoup, il faudra en tenir compte dans un tel débat », a-t-il expliqué à FXG.
Gabriel Serville, député du Parti Socialiste Guyanais, a indiqué que « c’est peut-être un outil qui date, mais c’est un outil qui est juste et qui, aujourd’hui contribue à la richesse de richesses en outre-mer parce que ces 40 % sont très souvent réinjectés dans le circuit économique de nos territoires donc ce n’est pas de l’argent gaspillé ».
Pour ce dernier, la surrémunération est « vraiment un apport qui contribue au développement économique de nos régions à travers le commerce, la construction… C’est vrai qu’il y a un certain nombre de fonctionnaires dont les comptes ne résident pas en outre-mer et cet argent-là part directement en métropole, mais pour la majorité de ceux qui perçoivent cette surrémunération, on peut considérer que c’est un apport positif pour nos économies. »
En dépit des opinions très critiques contre la Cour des comptes et pour le maintient de la surrémunération, le député socialiste René Dosière, également spécialiste des dépenses de l’État, a assuré que le système est « finalement un handicap pour le développement économique des territoires et favorise même le chômage. C’est une forme d’assistanat, non pas de la population, mais de l’économie ».
Pour ce dernier, si les élus des Outremer défendent le système « c’est parce qu’ils tombent sous le coup d’un électorat qu’ils convoitent. Si les recommandations de la Cour des comptes sont souvent suivies d’effet, je crains que là ça ne soit pas le cas. Il faudra du courage politique pour toucher à ce système que l’on ne pourra pas changer du jour au lendemain. »
Cette posture n’est pas unique. Paul Vergès appelle depuis plusieurs années à conserver les crédits de cette sur-rémunération afin de les inclure dans un Fonds de développement, visant à poursuivre les grands travaux et développer des secteurs créateurs d’emploi tels que l’aide à la personne et l’environnement. Une proposition reprise par le sénateur socialiste Michel Vergoz qui a assuré sur Réunion 1ère qu’il fallait que l’argent de la surrémunération reste à La Réunion.
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