Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Une étape importante du partenariat entre l’État, La Réunion et le secteur privé
30 novembre 2009, par

Demain a lieu l’assemblée plénière de la Région. À son ordre du jour, une délibération essentielle : quelle décision pour le tram-train ? Depuis le début de la semaine écoulée, le destin de ce projet est sur le devant de la scène, alors que tout est bouclé sur les plans technique et financier.
Dimanche dernier, le PCR a tenu une Conférence au cours de laquelle il a donné son analyse et ses perspectives d’action après la réunion du Conseil interministériel sur l’Outre-mer. Le lendemain, la ministre de l’Outre-mer était en visite dans notre île, en principe, pour amplifier les orientations arrêtées qui ont été commentées par le président de la République. Mais le jour de son arrivée paraît dans le "Journal de l’île" et "le Quotidien" une interview de Marie-Luce Penchard dans laquelle elle conteste au Conseil régional de La Réunion le droit de disposer d’une dotation ferroviaire versée, annuellement, à toutes les Régions de France.
Le résultat d’une étude des services de l’État, partenaire avec la Région Réunion Réunion de ce projet, conclut à la nécessité de verser à la collectivité à partir de la mise en service du tram-train la dotation d’État destinée à financer l’entretien des réseaux ferrés transférés aux Régions. Sans cette application de l’égalité due aux Réunionnais depuis le 1er janvier 1947, le projet de Tram train est remis en cause.
En tout cas, le contenu de cette double interview publiée au lendemain de l’assemblée générale est très étonnant. Car depuis le début, l’État et la Région sont partenaires dans ce projet.
Le "Prix du défi relevé"
Ce partenariat a été conclu par le Protocole de Matignon, signé par le Premier ministre et le président de la Région. Ce document a été également paraphé par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, lors de sa dernière visite à La Réunion. Ce partenariat n’a jamais été remis en cause. Quand la situation financière de la collectivité a évolué à la suite de l’impact de la crise internationale, de la baisse brutale des recettes d’octroi de mer et du manque à gagner lié à la décentralisation, alors a été demandé l’assurance que La Réunion bénéficie effectivement de la dotation versée à toutes les Régions de France qui ont des trains qui circulent sur leur territoire.
Interrogé sur cette question, le secrétaire d’État aux Transport a indiqué que les problèmes seront résolus afin que le chantier du tram-train puisse démarrer. Quelques jours plus tard, le gouvernement décidait de choisir le tram-train pour représenter la France dans la compétition organisée lors des rencontres internationales des partenariats publics-privés. C’est finalement le tram-train qui remporte le "Prix du défi relevé". Cette récompense est remise à ce projet parce qu’il est celui qui a le mieux maîtrisé ses coûts et ses délais de réalisation. Et c’est Patrick Devedjian, ministre en charge du Plan de relance, qui remet le prix à Pierre Vergès, vice-président de la Région Réunion.
Voici les faits qui confirment ce partenariat.
Voici donc résumée les étapes essentielles du partenariat entre la Région et l’État sur ce projet. Mais depuis la semaine dernière, il apparaît clairement qu’une personne tente de tout faire échouer. Didier Robert s’est d’abord vanté d’obtenir la fin de ce projet. Et d’affirmer qu’il est possible de répartir les crédits sur d’autres projets ce qui montre sa volonté de supprimer le tram-train.
Mobilisation élargie
Face à cette tentative, la mobilisation s’est élargie. Un collectif est né, auquel se sont joints des chefs d’entreprise pour qui ce chantier est d’une importance vitale. Vendredi, la présidente UMP du Conseil général est aussi montée au créneau lors d’une Conférence de presse pour défendre un projet attaqué par un élu qui se prétend de l’UMP.
Devant cette mobilisation, Didier Robert a alors proposé un "référendum" sur le tram-train après les régionales. Cette manœuvre n’a qu’un but, tenter de faire oublier à l’opinion qu’il est contre le tram-train. Il tente aussi de se dédouaner vis à vis de Paris de ses responsabilités dans le déclenchement d’une affaire qui met en difficulté l’État, en tant que partenaire des collectivités.
Demain, toute La Réunion pourra vraiment mesurer l’importance de la décision prise par Didier Robert d’attaquer le développement du pays.
Manuel Marchal
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