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25 octobre 2025, par

À l’ouverture du débat budgétaire à l’Assemblée, 3 députés réunionnais dénoncent des coupes dans les crédits de l’outre-mer qui menacent emploi, santé et éducation. Emeline K/Bidi, Frédéric Maillot et Karine Lebon alertent sur l’austérité imposée depuis Paris. Cette ’impasse parlementaire illustre les limites d’un système néocolonial où La Réunion reste largement dépendante politiquement, économiquement et culturellement d’un bailleur de fonds en pleine crise budgétaire.
A la veille du débat budgétaire à l’Assemblée nationale française, 3 députés de La Réunion ont affiché hier leur inquiétude. Alors que s’ouvrait, ce vendredi 24 octobre 2025 à Paris, l’examen du projet de Loi de Finances, trois élus du groupe de la gauche démocrate ultramarine redoutent d’être réduits à de simples spectateurs d’un processus qui échappe à leurs mains. Leur fébrilité traduit le malaise plus profond d’un système politique où la voix des anciennes colonies intégrées à la République peine à se faire entendre face à un pouvoir centralisé à Paris.
La députée Emeline K/Bidi, de la 4e circonscription, appelle à « faire bloc » contre les coupes budgétaires prévues dans les crédits de l’outre-mer. Dans un contexte d’austérité nationale, elle dénonce une logique injuste : « On nous demande de participer à l’effort alors que nos territoires partent déjà avec un handicap économique et social. » La possible réduction des dispositifs de défiscalisation de la LODEOM menace directement les entreprises locales et, avec elles, l’emploi.
Son collègue Frédéric Maillot, élu de la 6e circonscription, alerte sur les « coupes drastiques » dans l’Éducation nationale et l’éducation populaire. Selon lui, la fragilisation du tissu associatif et des politiques de cohésion sociale risque d’aggraver les fractures déjà profondes du territoire. Quant à Karine Lebon, députée de la 2e circonscription, elle fustige un « budget de la Sécurité sociale transformé en bombe sociale et sanitaire ». Hausse des franchises médicales, déremboursement de soins : autant de mesures qui, selon elle, ignorent la réalité quotidienne des Réunionnais.
Derrière ces prises de parole se profile une crainte commune : celle de l’impasse. Car au-delà des amendements déposés ou des discours indignés, les marges de manœuvre restent étroites pour ces élus dépendants d’un centre décisionnel à des milliers de kilomètres. Le choix de faire voter le budget outre-mer un dimanche, le 9 novembre, illustre cette mise à l’écart symbolique.
Cette panique politique révèle les limites d’un système néocolonial toujours actif, où La Réunion demeure sous tutelle politique, économique et culturelle. À Paris se prennent les décisions, et sur l’île, on en subit les conséquences. Les députés réunionnais, malgré leurs protestations, se retrouvent face à une dure réalité : celle d’un pouvoir qu’ils contestent sans vraiment le posséder.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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