Face à la menace d’une crise globale à La Réunion, le silence inquiétant des élus réunionnais
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« Dans les années 60, ils bourraient les urnes Aujourd’hui, ils bourrent les crânes »
5 juin 2012

Les masques sont tombés hier. Le résultat du sondage commandé par le ’JIR’ rappelle les scores des candidats soutenus par le pouvoir dans les années 60, et qui devaient leur ’élection’ à la fraude électorale. Face à la certitude de la défaite de leur candidat, les adversaires du PCR n’hésitent pas à utiliser les pires méthodes des dictatures pour tenter de renverser une situation désespérée.
À partir de la fin des années 50 et jusqu’au début des années 70, toute la population réunionnaise était privée de suffrage universel. L’objectif du pouvoir était notamment de détruire les communistes réunionnais qui constituaient la principale force de revendication pour l’application de la loi du 19 mars 1946. Selon la loi, les Réunionnais avaient droit à l’égalité. Mais tous les bénéficiaires de l’ancien régime colonial ne voulaient aucun changement. Ils pouvaient compter sur la complicité du pouvoir pour arriver à leurs fins.
Des centaines de gendarmes investissaient les environs des bureaux de vote, les assesseurs communistes étaient frappés, les électeurs ne pouvaient pas aller voter. Les résultats étaient fabriqués d’avance.
Les méthodes de la fraude
Cela donnait donc des résultats en rapport avec l’objectif et les moyens recherchés. En illustration de cet article, nous reproduisons les résultats des municipales de 1965. Les listes bénéficiant de la fraude électorale obtenaient entre 61 et 100% des "suffrages" dès le premier tour. Bien souvent, les listes du PCR étaient créditées d’un nombre de voix inférieur à celui de leurs colistiers.
Pour cette élection législative, il est clair qu’il n’est plus possible de bourrer les urnes comme dans les années 60. Il est également tout aussi clair que les 22 avril et 6 mai dernier, les électeurs ont infligé un cinglant désaveu au sortant : Sarkozy n’a eu que 18%. Ce message ne concernait pas seulement le président sortant, mais toute une classe politique qui a failli durant les cinq dernières années, qu’elle soit au gouvernement ou dans l’opposition à l’Assemblée nationale.
La population se prépare donc à sanctionner durement les sortants, car sa priorité c’est le changement pour sortir de la crise. C’est ce qui ressort de la dynamique de la campagne où malgré le risque de la répression, des employés communaux de Saint-Paul viennent aux meetings du Parti communiste réunionnais.
Alors, face à la certitude du changement, les conservateurs de gauche et de droite se donnent la main et tentent le tout pour le tout pour garder le pouvoir.
6.000 voix pour le PCR au Port, à La Possession et à Saint-Paul, pourquoi autant ?
Interrogé hier lors de la réunion du Comité de soutien à Jean-Yves Langenier, Paul Vergès a rappelé qu’à la tête d’une liste de 35 personnes aux municipales de Saint-André, il n’avait obtenu que 21 voix.
Dans le sondage abondamment relayé hier sur la télé de Réunion Première, "une" du "JIR" déjà prête d’aujourd’hui à l’appui, Jean-Yves Langenier est crédité de 12%. Lorsque l’on projette ce pourcentage sur le nombre de votants à la présidentielle dans la circonscription, la candidature du Parti communiste réunionnais obtiendrait un peu plus de 6.000 voix, soit le double de l’effectif de son comité de soutien.
Quant au score d’Huguette Bello, 67,5%, il correspondrait à la somme des voix de François Hollande et de Nicolas Sarkozy au premier tour dans la seconde circonscription !
6.000 voix pour le PCR au Port, à La Possession et dans la moitié de Saint-Paul, pourquoi les fraudeurs se donnent-ils la peine d’attribuer autant de poids au PCR ?
Qui peut croire à autre chose qu’une grossière manipulation de dernière minute à cinq jours des élections ?
Ecrasons tout risque de dictature dimanche
Manifestement, les adversaires du PCR ne craignent pas le ridicule et le discrédit.
Malheureusement, l’histoire de notre pays a été douloureusement marquée par la dictature de la fraude électorale. Le score donné à l’adversaire du PCR dans la seconde circonscription correspond à celui qui était donné par la fraude aux adversaires du peuple réunionnais dans les années 60.
La campagne prend donc une nouvelle dimension. Il ne s’agit plus seulement de faire respecter la volonté massivement exprimée de changement par la population. Il sera aussi question d’écraser tout risque de dictature à La Réunion. Contre les pressions sur les employés communaux, pour la libération du peuple réunionnais des conservateurs prêts à tout pour l’étouffer, votons massivement Jean-Yves Langenier et Thérèse Rica.
M.M.
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