« De la vision politique à l’action publique : comment la pensée de Paul Vergès sur le changement climatique s’est traduite concrètement dans les politiques d’aménagement et de développement de La Réunion »
29 août, parPaul Vergès : 2016-2026
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
16 juillet, par

La réunion de travail consacré au triple anniversaire du 4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016 s’est déroulée suivant 2 directions :
- un rappel de l’histoire de ces 3 dates,
- l’amélioration des connaissances liées au réchauffement climatique et ses conséquences en matière de développement durable.
Photo : Jacques Bhugon et Risham Badroudine.
L’objectif est de combattre l’ignorance du peuple organisée par la société officielle. En sacrifiant Paul Vergès, en 2010, où en sommes-nous, aujourd’hui ? En ouvrant la séance, Jacques Bughon a été clair : « C’est un véritable travail de mémoire que nous souhaitons entreprendre. L’histoire politique de notre pays n’est pas suffisamment enseignée dans nos écoles. Si nous ne faisons rien, elle risque de tomber dans l’oubli. Il nous appartient de la faire vivre et de la transmettre aux générations futures.
Voilà, chers amis, ce qui nous réunit ce matin. »
Voici un exemple concret illustré par Risham Badroudine lors de la rencontre. Nous profitons pour rappeler que la politique des chauffe-eaux solaires initiée par la Région a permis d’éviter l’utilisation de 1 million de bouteilles de gaz par an. Il serait intéressant d’évaluer le bilan carbone. En attendant, participez au débat ouvert par Risham.
Trente ans après l’alerte lancée par Paul Vergès sur le réchauffement climatique, la question demeure d’une brûlante actualité : où en est La Réunion en matière d’émissions de gaz à effet de serre et d’empreinte carbone ?
L’île est aujourd’hui confrontée à une double réalité. D’un côté, les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus visibles : hausse des températures, épisodes de sécheresse plus fréquents, phénomènes cycloniques plus intenses et risques accrus pour la biodiversité. De l’autre, plusieurs projets structurants imaginés pour préparer la transition écologique n’ont pas pu être menés à leur terme.
Paul Vergès avait fait de l’autonomie énergétique un objectif central pour La Réunion. Son ambition était claire : réduire la dépendance aux énergies fossiles importées, développer massivement les énergies renouvelables et faire de l’île un territoire pilote de la transition énergétique. Si cet objectif avait été atteint en 2025, chaque Réunionnaise et chaque Réunionnais aurait évité l’émission d’environ 2,9 tonnes de gaz à effet de serre par an.
Cette économie aurait constitué une avancée majeure pour un territoire insulaire particulièrement vulnérable aux conséquences du réchauffement climatique. Elle aurait également renforcé la souveraineté énergétique de La Réunion tout en réduisant sa facture d’importation de carburants et de combustibles fossiles.
À cette question énergétique s’ajoute celle des transports. Aujourd’hui, les déplacements représentent à eux seuls près d’une tonne de CO₂ par personne et par an. La forte dépendance à l’automobile pèse lourdement sur le bilan carbone de l’île.
Or, les projets de transport guidé, qu’il s’agisse du tram-train ou d’un réseau ferré moderne reliant les principaux bassins de vie, avaient précisément pour objectif de réduire cette dépendance. En offrant une alternative rapide, régulière et accessible à la voiture individuelle, ils auraient permis d’éviter une grande partie de ces émissions tout en diminuant les embouteillages et les coûts de transport pour les ménages.
Le constat est donc saisissant. Si La Réunion avait atteint son autonomie énergétique et développé un réseau ferré structurant, près de 4 tonnes de gaz à effet de serre auraient pu être évitées chaque année par habitant : 2,9 tonnes grâce à la transition énergétique et 1 tonne grâce à une autre organisation des déplacements quotidiens.
Ces chiffres illustrent la pertinence des analyses portées par Paul Vergès dès les années 1990. Alors que le monde entier cherche aujourd’hui les moyens de respecter les objectifs de l’Accord de Paris, La Réunion dispose déjà d’un héritage politique et intellectuel qui peut servir de référence pour construire son avenir.
Le trentième anniversaire de la conférence historique du 4 septembre 1996, le dixième anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité de Paris sur le climat et le dixième anniversaire du décès de Paul Vergès ne doivent pas être de simples commémorations. Ils doivent être l’occasion d’un débat collectif sur l’avenir de La Réunion.
Car derrière les chiffres des émissions de gaz à effet de serre se dessine un choix de société : poursuivre un modèle fondé sur la dépendance énergétique et la circulation automobile, ou construire une île plus autonome, plus solidaire et plus respectueuse de son environnement. Trente ans après l’alerte de Paul Vergès, cette question reste plus actuelle que jamais
Risham Badroudine
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16 juillet, 13:36, par Jean Luc
Cet article met en lumière un enjeu majeur pour La Réunion : la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la nécessité d’accélérer la transition énergétique. Les données montrent que les transports et la production d’électricité ont longtemps été parmi les principales sources d’émissions sur l’île.
Il est difficile de ne pas repenser à la vision portée par Paul Vergès, qui défendait dès les années 1990 une ambition forte : conduire La Réunion vers l’autonomie énergétique grâce aux énergies renouvelables et développer le Tram-Train afin d’offrir une alternative crédible à la voiture individuelle. Ces projets étaient pensés comme des investissements pour l’avenir, à la fois sur le plan environnemental, économique et social.
Leur abandon a marqué un tournant dans les choix d’aménagement du territoire. Aujourd’hui, face aux défis du changement climatique, à la dépendance énergétique et à la saturation du réseau routier, il est légitime de s’interroger sur les occasions qui ont été manquées. Sans refaire l’histoire, ce débat mérite d’être posé sereinement : quelles infrastructures et quelles politiques permettront désormais à La Réunion d’atteindre ses objectifs climatiques tout en améliorant la qualité de vie de sa population ?
L’avenir de notre île exige une vision à long terme, au-delà des alternances politiques. La transition écologique ne devrait pas être un sujet partisan, mais un projet collectif au service des générations futures.