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4 juin, parNos peines
Une clôture principale nouveauté de la rénovation du parc créé par la population
21 juillet 2022, par

Lors de sa création, le Parc Boisé Laurent Vergès du Port a affirmé sa différence : pas de clôture car cette forêt est le résultat des plantations effectuées par les Portois, en particulier les jeunes des écoles, sous l’impulsion de Paul Vergès, alors maire du Port. Mais la municipalité actuelle a décidé de dresser une clôture pour séparer cette forêt de ceux qui l’ont plantée.
Dans les années 1960, quand la fraude électorale avait donné le pouvoir à une municipalité réactionnaire au Port, il existait un parc dans la commune : celui de l’Oasis. Cet espace vert bien arrosé était le repère bien gardé de la classe sociale qui opprimait la population réunionnaise à l’époque, avec Michel Debré comme tête de gondole. Il se situait juste à côté du grand bidonville du Coeur Saignant, où la population n’avait pas accès à l’eau courante.
La lutte contre la fraude électorale permit en 1971 l’élection d’une municipalité démocratique conduite par Paul Vergès, secrétaire général du PCR. La ségrégation fut remise en cause et l’Oasis dut s’ouvrir à la population.
Parallèlement, une des priorités de la municipalité démocratique était de transformer une savane parsemée de galets en forêt. Un plan de reboisement fut mis en œuvre avec la plantation de centaines de milliers d’arbres, notamment par les jeunes des écoles. Une des réalisations de ce plan fut la création du Parc Boisé qui porta ensuite le nom de Fonkèr Laurent Vergès. En quelques années, une forêt sortit de terre grâce au travail des Portois. Ce parc était celui de la population, rien ne pouvait entraver son accès et il fut décidé de l’ouvrir totalement au peuple : pas de clôture.
L’actuelle municipalité a procédé le 9 juillet 2022 à l’inauguration de la rénovation du Parc boisé. La principale nouveauté est une clôture qui sépare cette forêt de ceux qui l’ont construite. Désormais, l’accès se fait par des portails que la municipalité peut fermer à sa guise. Autrement dit, ce parc n’est plus celui des Portois, mais il est devenu celui d’une institution.
Parmi les arguments invoqués figure celui de la lutte contre l’insécurité. Difficile de croire qu’une clôture puisse permettre de diminuer l’insécurité à l’intérieur du Parc boisé. La seule manière de lutter contre ce phénomène est de s’attaquer à ses causes, ce que la construction d’une barrière ne peut faire.
Cet argent public dépensé dans la mise en place d’une clôture entourant une forêt aurait sans nul doute été mieux employé à lutter contre les causes de l’insécurité, dans des actions de prévention efficaces notamment.
Une telle décision traduit une idéologie : effacer tous les symboles de progrès et de liberté que les communistes ont su inscrire dans le paysage de la ville du Port. Il y eut l’arrachage des nems trees qui permettaient de lutter contre la prolifération des moustiques, il y a maintenant la grille autour du Parc boisé Fonnkèr Laurent Vergès. Ceci montre bien que rénovation peut rimer avec régression.
M.M.
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