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18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Naïma Moutchou, nouvelle ministre française des Outre-mer, en visite à La Réunion
27 novembre 2025, par

La présidence de la Conférence de Coopération Régionale pour l’océan Indien par la ministre française des Outre-mer relance le débat sur la représentation diplomatique de La Réunion. Alors que l’île possède des personnes capables d’assumer une telle responsabilité, Paris continue de parler en notre nom, dans un silence quasi total des élus locaux. Dans un contexte de coupes annoncées et de dépendance persistante, la question de l’aliénation reste plus que jamais posée.
La visite de la nouvelle ministre française des Outre-mer, Naïma Moutchou, ce jeudi 27 novembre à La Réunion pour une tournée officielle de deux jours suscite déjà de vives interrogations. Appelée à présider la Conférence de Coopération Régionale pour l’Océan Indien (CCROI), la ministre devrait ouvrir et conclure les travaux de cette instance censée renforcer les liens entre La Réunion et ses voisins naturels : Madagascar, Maurice, les Comores et les Seychelles.
Cette prise de contrôle politique venue de Paris relance un débat ancien : pourquoi l’État français prend-il systématiquement la parole au nom de La Réunion dans les espaces internationaux qui concernent directement l’île ? Et pourquoi la classe politique locale demeure-t-elle, encore une fois, presque silencieuse ?
Le précédent du G20 a laissé un goût amer : alors que La Réunion se revendique partie prenante du Sud global, c’est le président français qui y a parlé en son nom, confortant l’image d’un territoire encore dépendant, hébergeant gratuitement une des dernières bases militaires françaises en Afrique. Aujourd’hui, avec la CCROI, le scénario se répète.
Pendant que certains élus s’agitent autour d’une polémique sur une offre d’emploi supposément discriminante car la surrémunération ne serait pas versée à un indigène mais à un migrant, la question plus fondamentale — la représentation de La Réunion — semble laissée de côté. Or personne ne doute que l’île compte des experts, universitaires et professionnels rompus aux enjeux régionaux, capables de présider une conférence internationale la concernant au premier chef. Pourquoi ne sont-ils jamais placés en position d’agir ?
Cette absence de réaction interroge. Crainte de froisser Paris ? Dépendance financière à Paris ? Habitude de renoncer ? Certains y voient le signe d’une aliénation politique qui aurait franchi un seuil inquiétant.
Un simple rappel suffit pourtant à mettre le débat en perspective : la France est un pays européen, bordé par des mers qui ne sont pas l’océan Indien. Elle ne partage ni l’histoire géopolitique, ni les dynamiques insulaires et régionales que La Réunion vit au quotidien. Dans les conférences transatlantiques, personne n’imagine qu’un Réunionnais parle au nom de la France ; pourquoi l’inverse serait-il normal ?
Tous les États représentés à la CCROI ont en commun une histoire de colonisation française, à l’exception… de la France elle-même. Ce déséquilibre historique ajoute une dimension symbolique lourde à la présidence imposée depuis Paris.
Si une ministre se déplace à La Réunion, la priorité de l’ambassadrice de Paris devrait être de répondre sur les enjeux immédiats qui touchent la population : pénuries d’emplois, et de logement, la vie chère causée par la surrémunération versée par Paris. Surtout à l’heure où l’État n’a toujours pas adopté son budget et où les signaux envoyés depuis Paris évoquent des coupes massives dans les transferts publics. Le temps de l’argent facile semble révolu ; l’objectif, désormais, serait de maintenir la base militaire à moindre coût.
Face à ces évolutions, il est urgent que les élus retrouvent leur rôle : questionner, exiger des comptes, défendre la capacité des Réunionnais à se représenter eux-mêmes. Relancer la lutte contre l’aliénation passe d’abord par la reconquête d’une voix diplomatique propre — au moins dans les espaces qui concernent directement l’île et son avenir régional.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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Messages
27 novembre 2025, 15:22, par Didier
" Dans les conférences transatlantiques, personne n’imagine qu’un Réunionnais parle au nom de la France".
Vous avez oublié la "parenthèse" Raymond Barre de 1976 à 1981 période pendant laquelle le gouvernement français était dirigé par un Réunionnais !
Il est vrai qu’il s’agissait d’un Réunionnais représentant les intérêts de l’impérialisme français... et de la bourgeoisie réunionnaise !
Comme quoi au sommet de l’Etat, ils ne sont pas aussi regardant que vous sur l’origine nationale de leur personnel. L’essentiel pour eux, c’est que les intérêts de leur classe soient défendus avec détermination.
Quant à la coopération régionale, celles et ceux qui y participent, hexagonaux ou originaires de La Réunion, ils représentent toutes et tous les intérêts de la bourgeoisie. Pas une, pas un, n’est jamais intervenu pour défendre les intérêts de travailleurs de la zone Océan Indien. Et c’est là le drame, c’est l’absence de représentants de la classe ouvrière pour dénoncer dans tous ces machins le sort qui est fait aux nôtres, les exploités par leurs exploiteurs !