Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Retenue collinaire des Herbes Blanches
13 novembre 2004

Vingt-quatre ans après l’échec de la première retenue de grande capacité, le nouvel ouvrage a été inauguré hier. Ses 350.000 mètres cubes d’eau permettront aux agriculteurs de bénéficier d’une irrigation à prix compétitif. Quatre autres projets similaires sont prévus.
Comment tirer les leçons d’un échec et ouvrir de nouvelles perspectives ? Le cas de la retenue collinaire de grande capacité des Herbes Blanches à la Plaine-des-Cafres est exemplaire à plus d’un titre.
Dans les années soixante-dix, cette retenue de grande capacité sort de terre sur un site alimenté par le Bras de Pontho. Las, peu après sa mise en service, des défauts apparaissent, qui conduisent à l’abandon du site en 1980. Vingt-quatre ans plus tard, avec de nouvelles techniques et une autre approche des problèmes géophysiques, c’est une retenue de 350.000 mètres cubes qui permettra d’irriguer plus de 600 hectares de terres agricoles dans le secteur de la Plaine des Cafres.
Hier, c’est en grande pompe que l’ouvrage a été inauguré en présence d’un parterre de personnalités parmi lesquelles le député-maire du Tampon, André Thien-Ah-Koon, Paul Vergès, président de la Région, le sous-préfet de Saint-Pierre, Olivier Magnaval, et Dominique Vian, le préfet.
"La différence entre un jardin et un désert, ce n’est pas l’eau, mais l’Homme", assurait TAK dans son allocution. Pour autant, si la Plaine-des-Cafres n’est pas un désert, loin s’en faut, ce n’est pas encore "le jardin que nous souhaiterions", ajoutait l’élu tamponnais.
La capacité de cette retenue collinaire, 350.000 mètres cubes, permettra non seulement aux agriculteurs de l’endroit de bénéficier d’une véritable eau d’irrigation à un prix compétitif, mais contribuera aussi à déconnecter du réseau domestique les besoins agricoles.
Mais pour gigantesque qu’il soit, ce chantier n’est que le premier d’une série de cinq réalisations pour lesquelles la Région apportera son financement. Ces cinq retenues géantes permettront, d’ici quelques années, d’offrir aux agriculteurs 1,2 million de mètres cubes/an alors qu’actuellement la ressource disponible n’est que de 274.000 mètres cubes/an.
Si l’ouvrage a été inauguré hier, les agriculteurs devront patienter encore jusqu’à 2006, puisqu’il reste maintenant à réaliser un réseau de distribution long de 34 km et poser 77 bornes, ce qui représente un investissement de 6 millions d’euros.
Au final, lorsque les petites sœurs des Herbes Blanches seront réalisées sur les sites de Piton Manuel, Trou à Cabris, Piton Rouge et Piton Mahot, ce seront alors 10,3 millions d’euros qui auront été investis par la collectivité (Europe, État, Région et Commune) pour permettre aux agriculteurs de produire un coût compétitif.
Petit détail qui a son importance : la distribution à partir des retenues se fait par gravitation, donc sans dépense d’énergie, ce qui contribue à rendre le prix de l’eau plus abordable...
"Une île montagneuse, des records mondiaux de pluviométrie, mais la plus grosse partie de cette eau qui nous tombe du ciel est perdue", rappelait Paul Vergès en soulignant l’importance de la réalisation des Herbes Blanches qui résulte "d’une analyse claire et d’une volonté politique".
Il fut un temps où l’on disait en France que l’on n’a pas de pétrole, mais des idées. Dans la même veine, au Tampon, il n’y a pas de rivière mais il y a de la pluie. Il suffit donc de stocker cette eau et cet exemple tamponnais pourrait aisément essaimer dans une île où les communes vont souvent du battant des lames au sommet des montagnes.
Aussi bien le président de la Région que le député-maire du Tampon devaient insister sur un point : l’engagement de la Région dans ce projet a été décisif dans la mesure où son apport financier a permis, par son niveau, d’enclencher les financements de l’État et de l’Europe.
Fidèle à son habitude, Paul Vergès devait resituer cette réalisation dans un cadre plus global, face aux défis qui nous attendent. Car si cette eau permettra aux agriculteurs d’avoir de meilleures conditions de production, cela doit aussi se ressentir dans notre vie quotidienne. En clair, aller à la reconquête de notre marché intérieur.
Et les perspectives sont intéressantes, avec notamment un marché de la restauration collective (écoles, hôpitaux, armée...) de 200.000 repas quotidiens, il y a là de quoi, estime le président de la Région, "donner aux agriculteurs la fierté d’être un rouage essentiel dans l’économie de notre pays".
Et le président de conclure par ces mots : "Ce serait alors la fierté des Tamponnais d’avoir montré la voie. Et je me dis qu’il faut rendre hommage à notre volonté politique commune qui a permis cette réalisation".
S. D.
Nos peines
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