Visas : ce qui est possible en Guyane doit l’être à Mayotte et à La Réunion
2 septembre, parSuppression des visas pour les Brésiliens pour des séjours de moins de 30 jours
Suppression des visas pour les Brésiliens pour des séjours de moins de 30 jours
2 septembre, par

Depuis le 31 juillet, les Brésiliens peuvent entrer en Guyane sans visa pour des séjours de moins de 30 jours. Paris reconnaît ainsi qu’une frontière peut être aménagée pour tenir compte des réalités d’un territoire et de son environnement régional. Pourquoi cette logique serait-elle impossible à Mayotte et à La Réunion ? La levée des visas avec les pays voisins serait à la fois une mesure de sécurité, de solidarité entre peuples et un formidable levier économique.
La décision prise par la France en Guyane mérite d’être regardée de près. Depuis le 31 juillet 2026, les ressortissants brésiliens titulaires d’un passeport ordinaire sont dispensés de visa pour des séjours n’excédant pas 30 jours en Guyane, dans le cadre d’une expérimentation de six mois.
Voilà donc une preuve concrète : lorsque Paris le décide, les règles de circulation peuvent être adaptées aux réalités géographiques et économiques d’un territoire.
Alors, pourquoi maintenir à Mayotte une politique qui contribue à transformer une circulation familiale, historique et régionale en parcours clandestin ? En 1995, le gouvernement d’Édouard Balladur a instauré le visa imposé aux ressortissants des trois autres îles comoriennes souhaitant se rendre à Mayotte. L’Assemblée nationale rappelle que cette décision a profondément modifié les relations entre les îles de l’archipel.
Depuis, des Comoriens qui veulent rejoindre leur famille, travailler ou simplement circuler entre les îles sont confrontés à une frontière qui n’existait pas auparavant. Pour ceux qui ne peuvent obtenir le précieux visa, la traversée maritime clandestine devient une alternative. Les kwassa-kwassa, embarcations précaires, sont ainsi devenus le symbole d’une politique qui prétend empêcher les migrations mais contribue à rendre les déplacements plus dangereux. Des travaux parlementaires et historiques ont documenté les conséquences mortelles de cette rupture de la libre circulation dans l’archipel.
Supprimer le visa Balladur pour les Comoriens permettrait de poser enfin la question sous l’angle de la sécurité humaine. Organiser une circulation légale, régulière et contrôlée entre Anjouan, Grande-Comore, Mohéli et Mayotte serait autrement plus rationnel que de pousser des personnes vers des traversées clandestines.
Le décès d’Édouard Balladur, annoncé le 31 août, intervient symboliquement au moment où cette question revient sur le devant de la scène. Près de trente-deux ans après l’annonce de cette rupture, le moment est venu de tourner la page du « visa Balladur ». Non pour effacer l’histoire, mais pour reconnaître l’échec d’un dispositif qui a transformé une frontière administrative en fracture humaine.
La même logique doit être appliquée à La Réunion. Pourquoi enfermer l’île dans une politique de visas décidée depuis Paris alors qu’elle se trouve au cœur d’un espace régional dynamique ? Les pays de la SADC constituent notre environnement immédiat. Des populations disposant de revenus suffisants pour voyager, consommer et investir dans le tourisme réunionnais pourraient constituer une clientèle supplémentaire.
Aujourd’hui, les ressortissants de nombreux pays de notre région doivent affronter des procédures de visa longues, coûteuses et incertaines. Ils peuvent dépenser des sommes importantes pour préparer un voyage avant de se voir opposer un refus au motif de « garanties insuffisantes ». Pendant ce temps, les citoyens de l’Union européenne peuvent venir sans visa, sans passeport et sans même devoir justifier d’un billet retour.
Cette différence de traitement est difficilement défendable alors que l’économie touristique réunionnaise a besoin de diversifier sa clientèle. Une partie importante de l’activité repose sur le la clirntèle locale. Ouvrir La Réunion à son environnement régional permettrait d’apporter de nouvelles devises, de soutenir les hôtels, restaurants, commerces, loisirs et transports, donc la création d’emplois dans un pays ravagé par le chômage.
La Guyane vient de montrer qu’une autre politique est possible. À Mayotte, elle pourrait contribuer à sécuriser les déplacements et à rétablir une circulation plus normale entre les îles comoriennes. À La Réunion, elle pourrait donner un nouvel élan au tourisme régional.
La question n’est donc plus de savoir si Paris peut adapter sa politique des visas. Il vient de démontrer que c’est possible. La question est de savoir pourquoi La Réunion et Mayotte en sont toujours privées.
M.M.
Suppression des visas pour les Brésiliens pour des séjours de moins de 30 jours
Mézami pétète zot va domann amwin pou kossa mi di sak mi sa di, sansa kissa la done amwin la pèrmissyon pou dir sak mi sava dir é zot nora rézon. (…)
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