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Yvan Dejean pose sa marque

Assemblée Générale Extraordinaire

Témoignages.re / 9 septembre 2019

Lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire, du 8 septembre à Sainte-Suzanne, Yvan Dejean, nouveau secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais, a mit en avant plusieurs axes qui guideront son mandat, jusqu’au prochain congrès du PCR, en 2020.

S’adressant en premier lieu aux militants, Yvan Dejean a débuté son allocution par « nos aînés ont connu la répression, nous avons connu la crise. La plus jeune génération connaît toujours la crise ».

La lutte contre le changement climatique indispensable

« Il nous faut regarder les choses en face : si nous regardons dix ans en arrière, nous voyons notre cher Parti a été malmené par des forces hostiles, mais avec courage, lucidité et en nous appuyant sur notre histoire, nous avons tenu bon » a indiqué le secrétaire général du PCR.

Durant 60 années de lutte et de bataille menées, « nous voyons nos idées ont progressé : autrefois, on haussait les épaules lorsque nous parlions de changement climatique », a indiqué ce dernier. Aujourd’hui, tous s’accordent à dire qu’il faut agir et salue l’action de l’ONERC, initié par Paul Vergès.

« On levait les yeux au ciel quand nous parlions de mondialisation. On jugeait le tram-train impossible, aujourd’hui, on veut le réaliser, non pas un, mais deux ! », a raillé Yvan Dejean. Évoquant également la transition énergétique, « on peut dire que ceux qui en parlent aujourd’hui auraient pu commencer par ne pas démolir tout ce que nous avions mis en place sous la direction de Paul Vergès ».

Mais ce qui compte pour le nouveau secrétaire général du PCR, « c’est que, d’une manière ou d’une autre, nos idées ont circulé ». D’autant plus que « la lutte contre le changement climatique peut être un catalyseur d’un ensemble de transformation sociales, politiques, démocratiques et économiques ».

Faire à une situation sociale explosive

Autre point mit en exergue par Yvan Dejean, « l’explosion sociale (qui, ndlr) a eu lieu. C’est la crise des Gilets Jaunes ». « Jamais depuis la période coloniale, jamais depuis la révolte de Saint-Leu en 1811, notre péi n’avait connu une crise aussi violence ».

Débuté en novembre 2018, le mouvement des Gilets Jaunes s’est répercuté jusqu’à La Réunion, où cherté de la vie, pauvreté et chômage s’encre dans le pays économique et social de l’île.

« Toute l’économie était au point mort. Les revendications des Gilets Jaunes ont surgi, et elles étaient proches de celles que le PCR préconise depuis plus de 40 ans. Non parce que nous étions à la tête de ce mouvement », ni à son organisation, mais parce qu’il s’agit d’un « mouvement spontané des réunionnais ».

Pour lui, « si on y retrouve nos idées, c’est parce que ces idées sont dues au bon sens, mais aussi parce qu’aujourd’hui nos idées sont dans toutes les têtes (…) au sommet, chez les décideurs et à la base, dans le peuple ».

Malgré tout « rien ne change, mais le péi va droit dans le mur ». Raison pour laquelle, le premier message d’Yvan Dejean est clair : « plus que jamais nous devons nous battre et rassembler toutes les bonnes volontés pour réaliser ces idées que nous avons répandues, pour faire exister une autre réalité ».

« PCR l’a dit, PCR l’a fait, PCR va faire encore ! »

Le secrétaire général du PCR a exhorté à la « reconquête de nos idées pour refaire La Réunion », ce qui repose sur les militants et les militantes communistes. « Car oui, nos idées sont mises en partage, mais elles ne sont pas mises en œuvre. C’est donc à nous, disciples de la pensée de Paul Vergès, de travailler à leur passage du monde des idées au stade des réalisations », a assuré Yvan Dejean.

Ce dernier a assuré que « si nous suivons Paul Vergès, nous nous devons nous souvenir que ce travail pour La Réunion passe par l’union la plus large, le rassemblement de tous les réunionnais ».

« L’alliance pour transformer la société réunionnaise », comme l’a également expliqué son prédécesseur, Maurice Gironcel, lors de son allocution sur les élections municipales.

L’unité pour La Réunion

Chômage, précarité, vie chère, « le mal ronge La Réunion », mais « on oublie aussi de dire que c’est le sectarisme partisan qui ronge notre péi ; l’achat des consciences et l’aliénation qui entraînent la déresponsabilisation », a tonné Yvan Dejean.

En effet, selon lui, « pour en finir avec ce système, nous devons travailler avec tout le monde, cela fait partie de notre ADN. Travailler avec tout le monde sans exclusive, pour le bien de La Réunion. C’est cela, le Parti Communiste Réunionnais, c’est cela, notre combat : unir les réunionnais ».

Rééquilibrer les forces

Ainsi, il s’agira pour le PCR de mener une « bataille intérieure à La Réunion, de rééquilibrer le rapport avec Paris, mais c’est aussi une affaire internationale ». Dénonçant la situation économique de La Réunion, Yvan Dejean a déploré que « sur le papier, la situation de notre être est absurde ».

Entourée des plus grandes puissances économiques émergentes, « La Réunion a un avantage comparatif en terme de développement et de formation, et devrait être importateur de matières premières et exportateur de matières grise » dans la zone.

Malgré une situation géographique propice, « La Réunion ne commerce qu’avec son ancienne métropole coloniale ». Un commerce jugé « déséquilibré car nous ne vendons pas en Europe le trentième de ce que nous lui achetons. Pire encore, l’immense majorité des transferts publics sont recyclés en bénéfice privé qui retourne au siège des multinationales. C’est cela le néo-colonialisme ».

C’est pourquoi Yvan Dejean assure qu’il faut « redéfinir une nouvelle relation basée sur le respect et l’égalité ». Cela passera par « un nouveau projet réunionnais qui devra nous permettre de marcher sur nos deux pieds, et de marcher dans cet espace qui est le notre, l’espace de l’océan Indien ».

« Nous sommes internationalistes »

« Nous sommes internationalistes, nous sommes progressistes et nous voulons le développement de l’océan Indien et de l’Afrique, tous ensemble dans le cadre de partenariat gagnant-gagnant », a assuré le rivièrois.

Saluant le travail réalisé par George Gauvain et Alain Dreneau avec le Comité Solidarité Chagos La Réunion, Yvan Dejean a rappelé que « nous sommes aux premières loges avec la base navale de Diégo-Garcia. Cette base bâtie sur des îles volées au peuple chagossien, qui mène un long combat pour la reconnaissance de ces droits. Nous soutenons les droits du peuple chagossien depuis toujours ».

Globalement, « nous soutenons tous les efforts qui visent à faire de l’océan Indien une zone de paix ». Car « si demain, les Etats-Unis attaquent l’Iran, les bombardiers s’envoleront de Diégo Garcia. A côté. Alors nous devons d’ores et déjà dire non à la guerre, non à l’impérialisme américain. Vive la paix ».