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L’intégralité de la bagasse pour le planteur
30 mars 2009, par

« L’accord de 1969 nous a fait perdre tous les sous-produits » : hier à Beaufond, en présence de nombreux planteurs, le président de la CGPER a fait le point sur une bataille qui permettra de remettre en cause une injustice de 40 ans. Cette bataille, c’est la revalorisation du prix de la bagasse au profit exclusif du planteur.
Cela ne fait que depuis 1996 que les planteurs touchent une prime bagasse. De 5 francs par tonne de cannes à l’époque, celle-ci est aujourd’hui au maximum de 2 euros par tonne. C’est loin de correspondre à toute la richesse qu’il est possible de tirer de ce produit qui représente en masse le tiers de la production annuelle des planteurs.
Jean-Yves Minatchy constate que l’amendement présenté au Sénat par Jean-Paul Virapoulé est loin d’être suffisant. Il équivaut à dire que la bagasse sera payée au prix du charbon. L’objectif de la CGPER, c’est un prix de rachat par EDF égal au tarif biomasse. À l’appui de sa revendication, la CGPER rappelle les déclarations de Jean-Louis Borloo, et Yves Jégo, allant dans le sens de cette revalorisation à ce prix-là.
Le syndicat a travaillé à la rédaction d’un nouvel amendement qui sera porté par le député Jean-Claude Fruteau. Le 6 avril, il doit être à l’ordre du jour du débat parlementaire sur le projet de Loi d’orientation pour le développement économique de l’Outre-mer (LODÉOM).
Et pour le président de la Chambre d’Agriculture, comme pour les nombreux planteurs rassemblés hier devant l’ancienne usine, « la valorisation, c’est quelque chose que l’on nous doit », cette revalorisation n’a donc rien à voir avec « un coup de pouce à la filière canne ».
La revendication est de 14 euros par tonne de cannes. Dans une tonne de cannes, 346 kilos de bagasse produisent 146 KWH, à 0,128 euros le KWH (tarif biomasse), soit 18,70 euros. En enlevant les frais d’EDF, le solde de 14 euros doit être intégralement versé aux planteurs.
Il faut que le gouvernement se prononce le plus vite possible afin que cette avancée puisse bénéficier aux planteurs avant la fin de la campagne sucrière 2009, ajoute Jean-Yves Minatchy. « Nous avons vécu la trahison de 1969, la bagasse revient totalement aux planteurs », ajoute Jean-Yves Minatchy, qui appelle les responsables politiques de tous bords à se mobiliser pour la réussite de ce dossier. Et de conclure en indiquant que des courriers ont été adressés au président de la République, à la ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer et au secrétaire d’État à l’Outre-mer pour demander à l’État, actionnaire majoritaire d’EDF, de prendre ses responsabilités.
Manuel Marchal
Nos peines
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