Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
L’avenir de la filière canne, sucre & Co
11 janvier 2006

En ce début d’année 2006, le secteur cannier est celui qui - logiquement, après la décision européenne de baisser de 36% le prix du sucre, sous la pression de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) - motive les préoccupations de ceux qui, dans notre île, vont devoir supporter les conséquences politiques, économiques et sociales de la nouvelle donne.
Dans ses vœux aux Réunionnais (voir “Témoignages” du samedi 7 janvier), le président de la Région, Paul Vergès, situe l’avenir de la filière cannière au cœur des "enjeux fondamentaux du développement" de l’île. Dans le sillage de la réforme du marché communautaire du sucre, dictée par l’OMC, la renégociation, pour les sept prochaines années, de la “convention canne/sucre” va amener les divers protagonistes de la filière à des repositionnements qui auront tous pour point névralgique le prix de la tonne de canne. "...Avec un prix du sucre qui diminue de 36% et sans aucune perspective au-delà de 2013", le président de la Région rappelle que "ce rendez-vous décisif (...) pèsera lourdement sur l’avenir économique et social de notre île".
Au nombre des défis que la société réunionnaise va devoir relever, le président du groupe Quartier français (QF), Xavier Thiéblin, indique que "le vrai combat (...) est celui de la protection du foncier agricole", ce qui peut se comprendre à plusieurs niveaux.
Dans l’interview qu’il a donnée à “Église à La Réunion” (janvier 2006), le président de QF donne le sentiment que, du point de vue des usiniers, la question du prix de la tonne de canne est “stabilisée” jusqu’en 2014-2015 par l’obtention d’une compensation à 100% de la baisse du prix du sucre. Quant aux formes de valorisation, anciennes ou nouvelles, de la canne à sucre, elles restent confinées dans l’ordre des hypothèses. "Si demain les conditions économiques sont réunies, nous développerons toutes les valorisations de la canne que la recherche pourra faire émerger, mais toujours en privilégiant le réalisme", déclare-t-il.
Ce “réalisme” irait-il jusqu’à souffler aux protagonistes de la filière, en cette année de renégociation de la convention canne, une nouvelle donne étendue au partage des sous-produits de la canne ? Au moment où l’Europe remet en cause les fondements de son marché du sucre, comment certaines clauses qui y étaient liées ne seraient-elles pas passées au crible ?
Que devient, dans cette hypothèse, l’accord interprofessionnel de décembre 1969 qui a fait supporter par les planteurs de cannes à sucre une lourde part du coût de l’intégration de La Réunion à l’ensemble européen ? À l’heure où certain syndicat - la FDSEA pour ne pas la nommer - constate haut et fort la nette érosion de la catégorie des plus petits planteurs (livreurs de moins de 650 tonnes), il faut espérer que le réalisme invoqué par Xavier Thiéblin saura insuffler d’un bout à l’autre de la filière toute l’énergie et les bonnes idées utiles à sa nécessaire refondation, en prévision d’un avenir que nul ne peut souhaiter voir limité à 2015.
Ces questions, et quelques autres, portant sur le partage des richesses, l’accord de 1969, l’évolution des exploitations et du statut des exploitants vont nourrir une bonne part de l’actualité économique et sociale de ce premier semestre 2006. Aussi reviendront-elles souvent dans ces colonnes.
Nos peines
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