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Transformation de l’agriculture réunionnaise : réunion d’un CPCS élargi
8 février 2020, par

La première réunion du CPCS de l’année avait à l’ordre du jour l’avenir de la filière canne. Le gouvernement a en effet fixé une importante échéance en juillet : présenter un plan stratégique pour l’agriculture réunionnaise. Un Comité de transformation agricole est créé depuis le 28 janvier, et se réunira tous les mois pour faire le point sur ces propositions. Les nouvelles valorisations évoquées hier en CPCS ne pourront être opérationnelles avant plusieurs années, alors que c’est maintenant que doit se négocier la prochaine Convention canne qui doit fixer le prix de la canne payé aux planteurs. Il faudra alors mettre toutes les données sur la table, comme le rappelle la CGPER.
Le 28 janvier se tenait à la préfecture le premier Comité de transformation agricole de La Réunion. Dans un communiqué présentant cet événement, la préfecture indiquait ceci : « Le président de la République a demandé qu’un comité de transformation agricole soit installé pour mener une réflexion de fonds sur les filières agricoles et en particulier le projet de filière canne-sucre-rhum-énergie. Ce comité de transformation agricole sera chargé de faire des propositions aux ministres des Outre-Mer et de l’Agriculture pour l’avenir de la filière canne ». Ce premier Comité s’était déroulée en présence d’Arnaud Martrenchar, délégué interministériel à la transformation agricole des outre-mer.
Moins de deux semaines plus tard avait lieu hier le premier Comité paritaire de la canne et du sucre de l’année. Ce CPCS était élargit à des membres de syndicats représentés dans cette instance (CGPER et FDSEA), en présence de la DAF en tant qu’observatrice. Cette instance est co-présidée par Isidor Laravine (CGPER) et Florent Thibault (Syndicat du Sucre). Ce CPCS s’est inscrit dans le prolongement de l’installation du Comité technique agricole. Rappelons que les professionnels de la filière doivent travailler à formuler des propositions d’ici le mois de juillet, afin d’élaborer un plan stratégique qui doit tenir compte des importantes mutations dans l’écoulement de la production. Le principal produit de la canne, le sucre, n’est en effet plus régi par un système de quota et de prix garantis à l’échelle européenne. Ce qui signifie un manque de visibilité sur cette production, et la nécessité de développer d’autres valorisations afin que les planteurs de canne à sucre puissent avoir un revenu suffisant et stable.
Les débats ont donc tourné autour de projets de valorisation. Une idée avancée est de remplacer des plantations de canne à sucre par de la canne-fibre pour produire plus d’électricité à partir de cette énergie renouvelable biomasse. Or, comme l’avait rappelé Bernard Sigmund, directeur de eR’Canne, aucune variété de canne-fibre n’a encore été mise au point pour La Réunion. Si la volonté de la filière est de se tourner vers cette valorisation, alors il faudra attendre 2035 pour qu’une variété adaptée puisse être exploitée. Autrement dit, ce n’est pas pour tout de suite.
Concernant la production de sucre bio, c’est aussi le flou. Cela suppose en effet la conversion de plantations de canne à sucre à l’agriculture biologique, ce qui nécessite déjà plusieurs années. Se pose ensuite le problème de la main d’oeuvre. La CGPER a rappelé que le secteur souffre déjà d’un manque de travailleurs. Or, la culture de canne à sucre bio oblige à l’emploi de travailleurs supplémentaires, car les traitements phytosanitaires sont remplacés par la lutte mécanique effectuée par des ouvriers agricoles.
Un autre dossier est celui de la montée en gamme de la production sucrière. La CGPER a souligné que cette montée en gamme existe déjà, elle concerne 80.000 à 100.000 tonnes de sucres spéciaux produits à La Réunion. Elle a rappelé qu’il existe déjà un logo RUP qui peut être apposé sur ce produit, afin d’informer le consommateur sur l’origine.
Si la production de sucres spéciaux allait encore à augmenter, se poserait alors la question du bénéfice pour le planteur de cannes, car la formule de calcul utilisée pour déterminer le prix de la canne payé au planteur date d’une époque où il n’était pas question de montée en gamme.
La CGPER propose de s’appuyer sur les pratiques culturales pour distinguer le sucre réunionnais de ses concurrents. Dans notre île, les planteurs sont astreints au respect de normes qui obligent à limiter considérablement l’utilisation de produits phytosanitaires. La production réunionnaise est donc exempte de molécules herbicides qui sont présentes dans d’autres pays. A l’heure où le consommateur est de plus en plus vigilant à ce sujet, cette piste pourrait être explorée.
Pour la CGPER, il faut toujours à l’idée que ces projets de valorisation ne se concrétiseront pas d’ici l’année prochaine, mais dans plusieurs années, alors qu’une nouvelle convention canne arrive à échéance.
Pour la CGPER, les négociations entre les planteurs, l’industriel Tereos et l’État doivent se faire dans la foulée de la présentation des propositions pour le plan stratégique. L’année 2020 doit donc être un cycle de discussion continu, pour pouvoir échanger sur comment payer le planteur en mettant sur la table toutes les valorisations déjà effectives : électricité, sucre, alcool rhum.
Les échanges d’hier seront présentés le 20 février au préfet lors du prochain Comité de transformation agricole de La Réunion.
M.M.
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Messages
8 février 2020, 20:10, par Arthur
Finalement, le plus simple, le plus courageux, audacieux, serait à mon sens de se lancer dans les produits BIO pour de bon, oublier les produits chimiques Glyphosate, la Réunion aime bien, c’est le 2° département employeur, pour qui ? Pour quoi ? Produire plus mais moins bon, cancérigène à long terme tout ça, vous parlez d’un progrès... De plus, la Réunion, c’est le champion du diabète, fléau, maladie qui finit par s’attaquer entres autres aux yeux, jusqu’à perdre la vue, et entraîne la gangrène, d’où amputation ! Vous imaginez ?
La Réunion mérite mieux avec une autonomie pour les énergies (tout se trouve ici, une chance, gratuites, locales donc et inépuisables, entrele volcan, le soleil, la houle, les vents) et pour l’alimentation, on ne peut avoir mieux, enfin, de la qualité. La Réunion pourrait devenir un précurseur, un modèle à suivre même, ne trouvez-vous pas ? Osons.
Ensuite, refusons les prix "outre-mer", en 2020, on voit des abus, la preuve, on la remarque dans les pubs qui passent ici et dans lesquelles on découvre les prix métropolitains comme pour les vols aériens, les voitures, les hôtels, que sais-je encore...
Les décideurs élus ou ré élus, doivent agir, voir le long terme, informer, partager les infos qui concernent tout le monde, bref, action, pour une amélioration, bon WE à zot tout, Arthur qui tousse en vélo en attendant les train "Ste Rose-St Joseph", les téléphériques et plus de volonté.