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Sucre : 6 ans depuis la fin du prix garanti à Maurice —1—
5 février 2015, par

La réforme du marché sucrier de l’Union européenne aboutira en 2017 avec la suppression du prix garanti aux producteurs de sucre des usines implantées dans les régions de l’Union européenne. Jusqu’en 2009, nos voisins bénéficiaient aussi d’un accès privilégié au marché européen pour vendre leur sucre : le Protocole Sucre. Quand l’Europe a dénoncé cet accord, les Mauriciens étaient prêts, car ils avaient restructuré.
Maurice est indépendante depuis 1969. Sa première source de revenu était alors la vente de sucre à l’ancienne métropole britannique. Quand la Grande-Bretagne a adhéré à l’Union européenne en 1973, le sucre produit à Maurice a été intégré dans le marché sucrier européen. Comme leurs voisins réunionnais, les Mauriciens avaient droit à un quota et à l’intervention de l’Europe pour acheter les invendus. Cet accès privilégié a pris fin quand l’Europe a signé avec le groupe des PMA (pays dits les moins avancés), un accord de préférence commerciale générale : tout ce qui est produit dans les PMA peut être importé en Europe sans quota ni droit de douane. Signé en 2001, l’accord était d’application immédiate, sauf pour trois produits stratégique : riz, banane et sucre.
Pour le sucre, un délai de 8 ans était accordé avant que les PMA puissent importer en Europe sans quota ni droit de douane.
Quand le délai a expiré, alors l’Union européenne a dénoncé le Protocole Sucre. En 2009, Maurice devait donc se confronter à la concurrence mondiale mais dans un contexte plus favorable qu’il ne sera en 2017. En 2009, les producteurs européens sont toujours sous le régime des quotas. Cela les empêche de répondre à la demande en Europe, et ils ont donc besoin d’importer du sucre fabriqué en dehors de l’Europe.
C’est cette situation qui a permis au producteur de sucre de Maurice de signer un contrat de fourniture avec Südzucker, numéro un mondial du sucre. À compter de 2009, Südzucker achetait plus de 300.000 tonnes de sucre blanc raffiné à Maurice. Pour arriver à remplir leur part du contrat, les Mauriciens ont créé les outils industriels en ouvrant l’actionnariat aux planteurs. Aujourd’hui, ils ne produisent que des sucres blancs et des sucres spéciaux. Ils ne font plus de sucre roux destiné à être chargé en vrac pour ensuite être raffiné en Europe, car ils estiment ne pas être compétitifs vis-à-vis des PMA.
Le contrat avec Südzucker court jusqu’à la fin de l’année. Mais il n’est pas le seul débouché pour les Mauriciens.
Le Syndicat du sucre de Maurice a publié son rapport 2014. Y figure des tableaux montrant très clairement où est vendu le sucre produit à Maurice, à quel prix et qui en bénéficie. Aujourd’hui, « Témoignages » publie le bilan de la vente du sucre produit à partir de la campagne sucrière 2013 :
| Union européenne | 402.348 tonnes écoulées dont 329.037 en sucre blanc et 73.311 tonnes en sucres spéciaux |
| USA | 4.179 tonnes de sucres spéciaux |
| Marché mondial | 17.600 tonnes de sucres spéciaux |
| Maurice | 10.300 tonnes de sucre blanc et de sucres spéciaux |
| Pertes | 12.696 tonnes |
| Invendus | 49.873 tonnes |
(à suivre)
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