Canne à sucre

Aide de 28 millions à la filière canne de La Réunion : « les arbitrages n’ont pas été rendus »

Prise de fonction de Jacques Billant, préfet de La Réunion

Manuel Marchal / 18 juin 2019

Arrivé samedi pour la première fois à La Réunion, le préfet Jacques Billant a pris ses fonctions hier. Lors d’une rencontre avec la presse, il a rappelé les dossiers prioritaires pour l’État à La Réunion. Outre la lutte contre le chômage, la vie chère et l’insécurité, l’aménagement du territoire tiendra une place importante, ainsi que l’agriculture. Avant d’être nommé préfet de La Réunion, Jacques Billant était directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, et il a confirmé que la subvention annuelle destinée à compenser la suppression des quotas sucriers reste soumise à des « arbitrages » qui n’ont pas encore été effectués.

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Jacques Billant, préfet de La Réunion.

Un nouveau préfet de La Réunion a pris ses fonctions hier. Il s’agit de Jacques Billant. Le successeur d’Amaury de Saint-Quentin partage un point commun avec le prédécesseur de ce dernier, Dominique Sorain : la connaissance des questions agricoles. En effet, alors que Dominique Sorain avait été secrétaire général au ministère de l’Agriculture, et avait participé dans la délégations françaises aux négociations créant l’Organisation mondiale du commerce, Jacques Billant était directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture avant sa nomination à La Réunion.
Dominique Sorain était arrivé dans notre île alors que la fin des quotas sucriers étaient annoncés. Ce qui signifiait que le sucre réunionnais allait être confronté à la concurrence internationale. Sa première visite de terrain était d’ailleurs celle d’une exploitation de canne à sucre d’une trentaine d’hectares pour assister à une démonstration de coupe mécanique.

Jacques Billant vient lui aussi dans un contexte tendu. En effet, la Convention canne qui fixe les revenus des planteurs arrive à terme en 2021. D’ici là, l’Union européenne devra s’être mis d’accord sur un nouveau budget prenant en compte la sortie de la Grande-Bretagne, dans un contexte de guerre commerciale lancée par le président des États-Unis, Donald Trump.

Pour compenser la fin des quotas sucriers, les filières canne d’Outre-mer bénéficient d’une aide globale de 38 millions d’euros dont 28 millions d’euros sont affectés à La Réunion. Cette somme annuelle fait partie de l’engagement signé par l’État dans l’actuelle Convention canne, et constitue donc un des facteurs de la rémunération des planteurs. Mais la reconduction de cette aide pour 2020 n’est pas encore acté dans le prochain Budget de l’État, ce qui suscite l’inquiétude d’une filière qui fournit 18000 emplois à La Réunion. Sur ce point, le préfet a indiqué que « les arbitrages n’ont pas été rendus ».

Concernant la crise de l’élevage bovins causée par la propagation de plusieurs maladies, dont la leucose bovine, le préfet se veut rassurant : « la filière bovine est saine ».

M.M.



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  • Personnellement, je pense que pour la planète, on devrait laisser tomber le sucre, sauf pour la conso interne et se lancer dans une agriculutre bio, courageuse, exportatrice, profitant de l’inversion de saison, pour fournir des produits introuvables ailleurs. Il y a la vanille qui coute, 1000 E le Kg, seuls 1200 tonnes sont produites dans le monde, et ici, on fait la meilleure, du luxe ! C’est scandaleux d’apprendre qu’aucun jeune veuille se lancer dans cette culture. Idem pour le sel, trouvez-vous normal , qu’étant sur une île entourée d’eau, salée, on soit contraint de polluer pour en acheminer avec le chômage endémique, le souci de moins polluer, incroyable ! Le sucre, c’est aussi des maladies, comme l’alcoolisme, le diabète qui peut se transformer en gangrène !

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