Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Crise de la filière canne
20 février

Rassemblés hier devant l’usine du Gol, la CGPER et l’UPNA dénoncent le retard de paiement de la prime bagasse. Les planteurs, qui fournissent la matière première, restent dépendants de Tereos qui contrôle le versement. Une situation jugée injuste et dangereuse pour la survie de leurs exploitations.
es planteurs de canne ne comptent plus subir en silence. Ce jeudi matin, devant l’usine du Gol à Saint-Louis, la CGPER et l’UPNA ont affiché une image forte : celle de l’union. Deux syndicats, une seule voix, pour défendre les producteurs face à un industriel qui concentre tous les leviers. Ensemble, ils dénoncent le retard de paiement de la prime bagasse, un retard qui met directement en péril la survie de nombreuses exploitations.
Ce rassemblement marque un signal clair : au-delà des sensibilités syndicales, les planteurs font front commun contre un déséquilibre devenu insupportable. Car sans les planteurs, il n’y a pas de canne. Et sans canne, il n’y a ni sucre, ni bagasse pour l’électricité achetée à Albioma par EDF, ni profits industriels. Pourtant, ceux qui produisent la richesse sont les derniers à être payés.
Jean-Michel Moutama, président de la CGPER, rappelle que les planteurs ont rempli leur part du contrat. Ils ont livré leur canne. Ils ont travaillé, investi, pris des risques. Mais aujourd’hui, ils attendent toujours leur dû. Pendant ce temps, les dépenses continuent de tomber : cotisations sociales, impôts, banques, fournisseurs. Les comptes se vident, les dettes s’accumulent, et l’angoisse grandit.
La prime bagasse, qui représente plus d’un million d’euros au total, a pourtant bien été versée par Albioma à Tereos. Mais ce sont les planteurs qui restent dans l’attente. Une situation vécue comme une injustice profonde. L’an dernier, à la même période, les paiements avaient été effectués. Cette année, rien. Encore une fois, ceux qui produisent la matière première dépendent entièrement d’un système qu’ils ne contrôlent pas.
Car la réalité est là : Tereos décide, Tereos calcule, Tereos paie — ou ne paie pas. Face à cette toute-puissance industrielle, les planteurs n’ont que leur mobilisation et leur solidarité. L’union de la CGPER et de l’UPNA prend alors tout son sens : elle incarne une volonté de rééquilibrer un rapport de force défavorable aux producteurs.
De son côté, Tereos reconnaît le retard, mais évoque des changements techniques et de nouveaux paramètres de calcul. Des explications qui peinent à convaincre.
Pour les planteurs, la question dépasse ce simple paiement. C’est celle du respect, de la reconnaissance et de la justice. Car au bout de la chaîne, ce sont bien eux qui font vivre la filière.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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