Canne à sucre

Campagne sucrière : accord entre les planteurs et Tereos

Début de la coupe lundi dans le Nord et l’Est avec une semaine de retard

Manuel Marchal / 4 juillet 2020

Un accord a été trouvé hier entre les planteurs et Tereos pour démarrer la campagne sucrière lundi dans le Nord et l’Est avec une semaine de retard. C’est la conséquence de la mise sur la table par l’usinier, à la veille du début de la coupe, d’un problème qui devait être réglé depuis longtemps. Cette mise devant le fait accompli n’est pas une première, elle oblige les planteurs à négocier sous la pression. De tels procédés doivent cesser.

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La campagne sucrière va commencer lundi dans l’Est et le Nord avec une semaine de retard. Un accord a été trouvé hier en Comité technique interprofessionnel de la canne et du sucre entre représentants planteurs et usiniers au sujet du protocole d’échantillonnage servant à déterminer la valeur du chargement livré par l’agriculteur.

A quelques jours de la coupe, l’industriel Tereos avait voulu remettre en cause ce protocole, sur la base du comportement de quelques planteurs qui avaient trouvé un moyen d’augmenter artificiellement la teneur en sucre relevée. Bien entendu, l’industriel n’a pas remis en cause l’origine de ce problème : un partage inéquitable des richesses tirées de la canne à sucre au détriment des planteurs, dont certains sont contraints à de tels actes. Au final, Tereos n’a pas réussi à imposer ses vues.
Ce protocole a été voté par la CGPER et la FDSEA. Il est quasiment le même que celui en vigueur l’année dernière et qui n’avait pas été voté par la FDSEA alors dans l’opposition à la Chambre d’agriculture. Le changement concerne les échantillons souillés par de la boue. Dans ce cas, il sera procédé à un nouveau prélèvement afin que cette boue ne fausse pas la mesure au détriment du planteur. Il est donc encourageant que sur une question aussi importante les deux principaux syndicats de planteurs ont réussi à s’entendre.

Comment rattraper la semaine perdue ?

C’est malgré tout une semaine de perdue pour les planteurs du Nord et de l’Est. Des cannes devaient être livrées depuis lundi dernier. Ce retard va entraîner une perte de richesse et donc de revenu pour les planteurs concernés.
De plus, le décalage d’une semaine dans le lancement de la coupe risque aussi de signifier une diminution d’autant de sa durée, avec là aussi des pertes pour les planteurs.

Tout ceci est le résultat d’un fait : mettre sur la table à la veille de la campagne sucrière une question qui aurait pu être réglée depuis longtemps. En effet, Tereos ne peut pas dire qu’il a découvert ce problème plusieurs mois après qu’il fut survenu. De plus, des réunions régulières entre planteurs et Tereos se tiennent entre deux campagnes. C’est là que ce problème aurait dû être résolu, et pas posé à la veille de la coupe. Cela oblige à négocier dans l’urgence avec le risque de retarder le début de la campagne sucrière. Cette tactique de la mise devant le fait accompli n’est pas de nature à apaiser les relations entre les différents partenaires de la filière canne.

M.M.