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La CGPER tire la sonnette d’alarme
19 août 2013, par

Hier matin à l’ancienne usine de Vue Belle à La Saline, une cinquantaine de planteurs ont participé à une rencontre avec la presse. La CGPER alerte sur une campagne sucrière mal partie dans l’Ouest, d’autant plus que les indemnisations des catastrophes naturelles tardent à être versées.
Hier matin, la CGPER a fait le point sur la campagne sucrière dans l’Ouest. Les cyclones du début de l’année conjugués à la sécheresse ont des conséquences catastrophiques. Jean-Yves Minatchy fait état d’importantes pertes par rapport à la campagne précédente. À la balance du Grand Pourpier près de Savanna, de 11.250 tonnes l’an dernier à pareille époque, le tonnage est passé à 6.269 tonnes. Pour les deux autres plate-formes de Stella et des Tamarins, le déficit est de 2.000 tonnes.
Un mois et demi avant le début de la coupe, la CGPER avait fait le constat d’une campagne difficile, un mois après le lancement de la campagne sucrière, le constat est confirmé, déplore Jean-Yves Minatchy.
Pour les planteurs, c’est une baisse de revenu comprise entre 50 et 70%. Face à cette situation exceptionnelle, la CGPER demande des mesures exceptionnelles en interpelant la DAF et l’État.
Tout d’abord, le mode de calcul de l’indemnisation en cas de catastrophe naturelle doit être revu. Le système actuel prévoit un calcul sur la base des trois années précédentes. Le président de la CGPER rappelle qu’en Gironde, les vignes ont été ravagées par la grêle, des vignerons ont tout perdu. L’État a fait le constat de l’indemnisation, il n’a pas dit de faire le calcul en fonction des trois années précédentes. Pour la CGPER, il est hors de question d’être traité autrement.
De plus, la CGPER demande que les aides liées aux passages des cyclones Dumile et Felleng, ainsi qu’à la sécheresse, soient versées le plus vite possible. La CGPER note qu’en France, les paysans n’attendent pas aussi longtemps.
Face à cette crise, la CGPER demande l’institution d’un RSTA agricole. Les paysans doivent avoir des revenus suffisants pour survivre, car « La Réunion aura toujours besoin de ses paysans. Les grands travaux sont terminés… L’agriculture est le seul secteur économique qui résiste encore à la crise. Matin, midi et soir, il faut manger, ce sont des produits des agriculteurs qui sont sur la table », dit en substance Jean-Yves Minatchy. À cela s’ajoute la bataille pour rappeler que la canne est le pivot de l’agriculture, c’est « la seule matière agricole où tout est transformé ».
Par ailleurs, la CGPER rappelle la lutte engagée pour la reconquête des terres en friches. 120 hectares en zones irriguées ont été repérés du côté de Stella. À Saint-Paul, des candidatures ont déjà été déposées pour mettre en valeur ces réserves.
En conclusion, la CGPER alerte sur les conséquences dramatiques d’une assez forte diminution du tonnage de cannes récolté dans l’Ouest.
M.M.
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