Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Echéance 2017 : audition du président du Syndicat du sucre de La Réunion à l’Assemblée nationale —5—
18 juillet 2014

Dans 3 ans, la fin des quotas, tout sera bouleversé et nombreuses sont les inconnues. C’est en substance le message du président du Syndicat du Sucre de La Réunion aux députés lors de son audition le 6 mai dernier. Voici le compte-rendu de la partie relative aux valorisations de la canne autres que le sucre, avec des intertitres de « Témoignages ».
Avant de rechercher de nouvelles pistes de valorisation de la canne à sucre, demandons-nous si le sucre est la meilleure valorisation de la canne. Pour ma part, je le pense, et pour longtemps encore. La valorisation due à la production d’énergie, qui représente à La Réunion 12% de la production d’électricité depuis la mise en place, en 2009, du tarif EDF, est de l’ordre de 13 euros par tonne de canne. Ce chiffre est à comparer aux 80 euros par tonne du revenu global moyen des planteurs. Aucune valorisation ne saurait égaler celle du sucre.
Quant aux molécules, elles font actuellement l’objet de recherches, notamment la lignine, la cellulose et l’hémicellulose ; mais il s’agit là de recherches fondamentales et nous sommes encore loin des recherches appliquées. Et même si les études font un jour l’objet d’applications, nous nous heurterons à une problématique liée non pas à l’utilisation de la molécule mais au lieu où sera fabriqué le produit contenant la molécule, pour une simple raison d’économie d’échelle propre à toutes les économies insulaires.
Nous aurons deux possibilités. La première consiste à nous insérer dans un schéma de recherche très large, en collaboration avec des instituts importants ou de grandes firmes cosmétiques comme L’Oréal, afin de déposer un brevet ou un co-brevet et afin d’en percevoir ensuite les rémunérations.
Je suis beaucoup plus réservé sur la seconde solution qui consisterait à produire industriellement à La Réunion ce qui pourrait l’être en Afrique du Sud, en Australie ou au Brésil à des coûts beaucoup plus faibles. Le département de La Réunion ne disposant que d’une récolte annuelle d’un peu plus d’un million de tonnes de canne, contre 40 millions de tonnes pour le Brésil, nous souffririons d’un manque de matière première, sans oublier que, pour approvisionner les marchés européens, il faudrait transporter le produit fini. C’est pourquoi je suis dubitatif quant à la fabrication sur notre territoire, sauf à trouver la molécule à très forte valeur ajoutée que les clients voudront voir produite selon les normes et la qualité européennes. Dans ce cas, La Réunion, la Martinique et la Guadeloupe sont les seuls endroits au monde qui pourront le faire.
Je nourris beaucoup d’espoirs sur le projet de valorisation des cires d’écume de sucrerie. Nous avons des contacts avec des industriels allemands désireux que la production soit située dans un univers européen. Mais cette valorisation ne représente que 4 ou 5 emplois et ne peut donc remplacer les débouchés actuels.
Monsieur le député, vous me demandez de vous rassurer. Moi aussi, j’aimerais être rassuré…
Actuellement nous essayons, avec le concours de Tereos, de réorienter nos flux de vente de sucre du cœur de l’Europe vers de nouveaux pays comme la Roumanie et la Bulgarie. Mais pour ce qui est de la survie du modèle social réunionnais, nous n’avons pas de réponse. Les exploitants agricoles qui cultivent 20 hectares de betterave cultivent également des céréales, souvent sur une centaine d’hectares. À La Réunion, les exploitations sont de 7 hectares, auxquels s’ajoute un demi-hectare de cultures diversifiées. La façon la plus rationnelle d’abaisser les coûts de la canne serait de créer des exploitations de 30 hectares, sachant qu’au Brésil leur superficie varie, en moyenne, entre 150 et 200 hectares.
À La Réunion, le coût de la matière première, à l’entrée de l’usine, représente 70% du coût global de fabrication. Je n’ai pas de solution à vous présenter, sauf à payer la canne au même prix que nos concurrents colombiens ou panaméens. Pour cela, il faudrait remembrer les exploitations, ce qui aurait pour conséquence de faire chuter de 18.000 à 6.000 les emplois de la filière, et il nous faudrait gérer les 12.000 personnes privées de leur emploi. Je n’ose pas proposer cette solution, même si, comme tout industriel, je dois avant tout diminuer les coûts en augmentant les volumes ou en restructurant. Si les planteurs avaient des revenus 5 à 10 fois supérieurs au SMIC, nous pourrions leur demander de baisser leurs revenus, mais ils ne perçoivent que 1,2 fois le SMIC. Nous sommes confrontés à un problème de choix politique, de modèle social, et ce n’est pas l’entrepreneur que je suis qui peut vous donner la réponse.
(à suivre)
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Messages
23 juillet 2014, 19:03, par section communiste de Saint-Louis
La visite du Président HOLLANDE ne doit pas non plus se resumer à seulement comment donner des garanties à nos planteurs et à la filière canne en particulier. Tous les secteurs d’activité sont concernés aujourdh’ui. Il doit rassurer le monde des entreprises, des pêcheurs, des petites entreprises pour enfin favoriser l’embauche des jeunes et moins jeunes dans notre île. Arrêtons la migration des personnes venant de l’extérieur pour prendre la place des Réunionnais. NOU le pas plus nou pa moin . La section communiste s’inscrit dans la ligne des propositions de la Direction du PCR pour sauver notre Pays du marasme qu’’elle subit actuellement.