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par le Dr Raymond Vergès

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Canne à sucre : l’Intersyndicale demande à l’État d’agir pour augmenter les revenus des planteurs

Motion des syndicats d’agriculteurs à l’État et au Département

jeudi 16 juin 2022


Mardi, les organisations représentatives des agriculteurs regroupées en Intersyndicale ont défilé à Saint-Denis. Les syndicats CGPER, UPNA, FDSEA et JA ont remis à l’État et au Département une motion commune demandant la prise en compte des revendications des planteurs : augmentation du prix de la canne à sucre achetée par Tereos aux planteurs, hausse du prix de la recette bagasse « pour rétablir une équité par rapport aux autres combustibles venant s’y subsister pour permettre une augmentation de la production de canne » ainsi que l’intervention de l’État et des collectivités pour faire la transparence sur toutes les richesses tirées de la canne à sucre par tous les industriels. L’Intersyndicale demande aussi à l’État « qu’un plan de résilience pour les filières végétales spécifiques pour les DOM puisse être négocié rapidement pour répondre aux augmentations actuelles sur les intrants agricoles ». Voici des extraits de cette motion.


« Aujourd’hui la situation est grave et nécessite dans l’urgence une intervention adaptée au plus haut niveau de l’État pour redonner de la visibilité et un avenir à une filière qui demeure essentielle à l’échelle du territoire, la filière canne, sucre, rhum, énergie et aussi les autres filières horticoles et élevage qui sont interdépendantes.

« Les planteurs sont face à une diminution importante des molécules nécessaires pour leur itinéraire technique, adaptées aux conditions tropicales de La Réunion »(…)
« La hausse incontrôlée des prix des engrais et des intrants, qui ont doublé. À elle seule, cette augmentation consomme l’intégralité des 14 millions d’euros que l’État a récemment accordés aux planteurs de canne afin de revaloriser leur revenu »(…)
« L’explosion du prix du fret qui fait aujourd’hui peser un risque supplémentaire pouvant avoisiner les 10 millions d’euros sur l’équilibre économique des sucreries. La crise du Covid et le conflit en Ukraine rendent absolument nécessaire le déplafonnement du soutien à l’écoulement afin de maintenir un niveau de concurrence loyal et équitable avec les sucreries continentales.

La convention canne sucre rhum énergie est arrivé à terme le 31 décembre 2021 et devant l’urgence de la filière, les syndicats se sont regroupés en intersyndicale depuis décembre 2021 dans le but de porter la réflexion sur de nouveaux enjeux économique, social et environnemental pour répondre aux nouvelles exigences de la PAC à travers les aides fléchées sur la filière afin que :

- Les planteurs continuent de disposer des molécules nécessaires pour leur itinéraire technique, adaptées aux conditions tropicales de La Réunion ;

- La Recette bagasse Energie puisse faire l’objet d’une revalorisation pour rétablir une équité par rapport aux autres combustibles venant s’y subsister pour permettre une augmentation de la production de canne, ce qui induira une augmentation de la production de bagasse et limitera à due proportion les importations de biomasse extérieure, renforçant ainsi la souveraineté énergétique de l’ile ;

- Un dispositif de soutien adapté soit mis en place par l’État afin que les planteurs puissent dégager un revenu décent à partir du prix d’achat de la tonne revaloriser sur toute la durée de la convention canne 2022-2027 en tenant compte d’une bonification du marché le permettant.

A un mois de l’ouverture de la campagne sucrière, l’intersyndicale demande :

- A l’État et les collectivités locales d’intervenir pour que les éléments chiffrés de tous les Partenaires de la filière puisent être mis sur la table pour qu’une réelle négociation puisse commencer.

- A l’État d’apporter des réponses claires sur son positionnement financier pour tous les maillons de la filière afin de garantir la pérennité des entreprises par un revenu décent et continuer à donner aux jeunes agriculteurs l’espoir et une ambition pour les années à venir.

- A l’État qu’un plan de résilience pour les filières végétales spécifiques pour les DOM puisse être négocié rapidement pour répondre aux augmentations actuelles sur les intrants agricoles.

- Que les revendications de la filière canne soient pris en compte pour ne pas déstructurer les autres filières sur le territoire entre la canne, le maraîchage et l’élevage ».



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