Quelle valeur crée une tonne de cannes et comment cette valeur est-elle répartie ?

Canne à sucre : la CGPER réclame une refonte du prix payé aux planteurs

16 septembre, par Manuel Marchal

À la veille de la visite d’une mission d’expertise du ministère de l’Agriculture, la CGPER appelle à dépasser les débats techniques sur le fonctionnement du CTICS et les méthodes de mesure de la richesse de la canne pour s’attaquer à la question essentielle : le revenu réellement garanti aux planteurs.

Pour la CGPER, l’avenir de la filière canne-sucre-rhum dépend d’une révision en profondeur du système de rémunération. La formule actuelle de paiement, mise en place en 1984, serait devenue inadaptée aux réalités économiques et agricoles de 2026.
Depuis plus de quarante ans, les conditions de production ont profondément changé. Les prix des intrants, les coûts de mécanisation, de l’eau et de la main-d’œuvre ont fortement augmenté. À cela s’ajoutent les conséquences du changement climatique, qui fragilisent les rendements et réduisent les capacités d’investissement des exploitations. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de savoir combien produit une tonne de canne, mais quelle valeur elle crée et comment cette valeur est répartie.

Expertiser l’ensemble des produits issus de la canne

La CGPER demande ainsi que l’expertise ministérielle porte sur l’ensemble des produits issus de la canne. Le sucre n’est en effet qu’une partie de la valorisation de la plante. La bagasse contribue à la production d’électricité, tandis que la mélasse et le rhum représentent également des sources de revenus pour la filière. Pour le syndicat, la valeur économique globale d’une tonne de canne doit être établie avec précision afin de déterminer une répartition plus équitable entre agriculteurs et industriels.
La question de la fibre apparaît également centrale. Une forte teneur en fibre peut aujourd’hui entraîner une pénalisation du planteur lors du paiement, alors que cette même fibre constitue une matière première pour la production énergétique de La Réunion. Pourquoi le producteur devrait-il être pénalisé pour une caractéristique de sa canne qui contribue par ailleurs à la valorisation industrielle de la plante ?, interroge en substance la CGPER.

De nouvelles bases pour sortir de la crise structurelle

Le syndicat rappelle que la crise de la canne est structurelle, et non plus seulement liée aux aléas climatiques. Sans exploitations agricoles capables de dégager un revenu suffisant, aucun appareil industriel ne pourra durablement fonctionner.
La mission du ministère est donc appelée à dépasser le simple constat. Pour la CGPER, elle doit constituer un « moment de vérité » permettant de préparer la prochaine convention canne sur de nouvelles bases, avec comme priorité la viabilité économique des planteurs et un partage plus juste de la richesse produite par la filière.

M.M.

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