Canne à sucre

Canne à sucre : question écrite de Gélita Hoarau au ministre de l’Agriculture

Nouvelle initiative de la sénatrice du PCR

Témoignages.re / 6 juillet 2017

Le 29 mai dernier, la sénatrice Gélita Hoarau avait adressé une lettre ouverte au ministre de l’Agriculture. Cette démarche avait permis aux planteurs d’obtenir le soutien de la Confédération paysanne et de syndicats de Martinique et de Guadeloupe. Hier, Gélita Hoarau a pris une nouvelle initiative en posant une question écrite au ministre de l’Agriculture. Voici son contenu :

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Question écrite à l’attention de M. le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation à propos de l’avenir de la filière canne-sucre à La Réunion

Madame Gélita Hoarau interroge Monsieur le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation à propos de l’avenir de la filière canne-sucre à La Réunion. 

Le 1er octobre prochain la suppression des quotas sucriers prendra effet, signifiant la mise en concurrence mondiale du sucre réunionnais. 

Les discussions tendues se déroulent actuellement. Les planteurs demandent une hausse de 6 euros par tonne du prix de référence de la canne, inchangé depuis 20 ans. Les négociations concernent 18.000 emplois. À ce jour, elles n’ont toujours pas abouties malgré l’aide d’État supplémentaire de 28 millions d’euros versés par an au groupe Tereos.

Les planteurs font valoir la reconnaissance par les services de l’Etat d’une perte importante de pouvoir d’achat liée à la non revalorisation pendant plus de 20 ans du prix de référence de la tonne de canne à sucre. De même la transparence sur l’utilisation des fonds publics ainsi que sur les recettes tirées de la canne sont nécessaires.

Propriétaire des deux usines sucrières, la coopérative Tereos bénéficie d’un fort soutien de la part de l’État. Il n’est pas étranger à un résultat net affiché par le groupe de 106 millions d’euros pour 2016-2017. La logique voudrait qu’en contrepartie de cette aide importante, les planteurs puissent connaître précisément quelles sont les bénéfices tirés de la plante qu’ils prennent le risque de cultiver. Ceci constitue un point de départ à des rapports apaisés dans la filière, pour aller vers la répartition la plus équitable des profits venant de la canne à sucre 

A l’avenir et avec la fin des quotas sucriers la filière canne-sucre devra être en mesure de développer la valorisation d’un maximum de produits issus de la canne ainsi que soutenir la recherche scientifique en ce sens. En effet, la structure actuelle de ce secteur basé sur le sucre, les alcools et l’énergie est en danger, car il dépend trop du premier produit cité.

La recherche a identifié environ 500 co-produits issus de la canne à sucre, dont une centaine est commercialisée.

Pour la filière betterave-sucre, la perspective de la fin des quotas sucriers avait amené à une grande mobilisation des services de l’État au sein d’un comité pour l’avenir de la betterave sucrière. Ce soutien a contribué à aider le secteur betteravier à être prêt à affronter la concurrence mondiale à partir du 1er octobre prochain.

La création d’un comité analogue à La Réunion est tout aussi décisif. Une telle structure pourra piloter les études nécessaires à la transformation d’une filière canne-sucre en une industrie de la canne aux revenus équitablement répartis. Capable de commercialiser des produits à haute valeur ajoutée, cette nouvelle industrie ne sera plus vulnérable à la concurrence mondiale sur le marché des commodités.

Madame Hoarau interroge le Ministre sur les moyens à mettre en œuvre pour répondre aux défis de la filière canne-sucre.