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27 septembre 2018, par

Le workshop de l’ISSCT qui se tient actuellement dans notre île rappelle que La Réunion est assise sur une mine d’or vert : plus de 20.000 hectares de canne à sucre.
Pour les planteurs, la coupe 2018 est très mal engagée. En raison des conditions climatiques, le tonnage n’est pas au rendez-vous. Il faut s’attendre à la pire récolte depuis 40 ans, avec la possibilité d’être en dessous de 1,6 million de tonnes, soit encore moins que la campagne 2007 qui subit les effets de Gamède.
Pénalisés non seulement par ces effets du climat, les planteurs verront également une baisse du revenu potentiel en raison de l’évolution du cours du sucre. Cela ramènera à zéro le montant de l’intéressement sur la vente du sucre de Tereos, une prime versée par l’industriel.
Avec une telle situation, il faut s’attendre à ce que le nombre de livreurs de canne à sucre diminue encore pour se situer bien en dessous de la barre des 3.000.
Cette catastrophe intervient au moment où se tient à La Réunion le workshop de l’ISSCT, organisation internationale de référence dans le domaine de la recherche en canne à sucre. Ce secteur est fort développé, et La Réunion se situe dans le peloton de tête dans ce domaine. Cette richesse vient du fait que la canne à sucre est une plante dotée d’une particularité : elle peut être entièrement valorisée. À cela s’ajoute le fait que son réseau de racines joue un rôle très important dans le maintien des sols, ce qui est un atout pour une île montagneuse comme La Réunion.
La filière canne subit ainsi depuis des décennies une succession de crises. C’est le résultat d’une structure qui la rend aujourd’hui dépendante du marché mondiale, depuis la suppression du quota sucrier le 1er octobre 2017, décidé par l’Union européenne avec le soutien de la France.
Une autre structuration était pourtant possible. Elle était défendue dans les années 1960 par les Syndicats de la Charte. Alors qu’il existait près de 25.000 livreurs de canne, et que la filière faisait vivre 100.000 personnes sur une population totale de 400.000, l’objectif était d’augmenter la production de cannes pour dépasser 400.000 tonnes, et d’utiliser le produit de cette récolte à d’autres produits tels que les matériaux de construction et l’énergie. Dans le même temps, les travaux menés à Cuba avaient permis de tirer de la canne une multitude de valorisations, dont le papier. Mais la voie choisie par les usiniers de l’époque, soutenus par Jean-Paul Virapoullé, était de dépouiller les planteurs de la propriété de la canne, pour en tirer les plus importants profits à court-terme. Le résultat de cette stratégie est la crise actuelle. D’où l’importance pour les planteurs de s’organiser pour promouvoir des valorisations de la canne qui permettront de sortir de la dépendance à un seul produit, le sucre, dont le prix dépend de facteurs sur lesquels les Réunionnais n’ont aucune influence.
M.M.
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Messages
28 septembre 2018, 08:20, par Didier
Valoriser l’ "or vert" ?
Mais c’est déjà fait... pour les capitalistes et les actionnaires de Tereos !
28 septembre 2018, 17:54, par JPP
Et si on faisait comme à Maurice et qu’on payerait un planteur pour son taux de sucre (pour le sucre) mais aussi pour la qualité de la fibre (pour l’energie)
1er octobre 2018, 20:15, par Arthur
Très juste et instructif. Je comprends alors l’intéret de construire un nouveau port à St André, car "plus prêt de la Chine" en effet. Reste à savoir si cet immense pays a vraiment plus besoin du sucre de canne réunionnais plutôt que la Réunion, besoin des nombreux produits chinois à bas coût qui inondent les gondoles des magasins, bien loin finalement des produits locaux, artisanaux. Jouets, appareils électroniques, voitures, vélos, poursuivez, consommer, et donc polluer un peu plus encore.....