Canne à sucre

CGPER : « Aide de 28 millions : le gouvernement doit respecter la signature de l’État »

Motion de l’assemblée générale de la CGPER

Témoignages.re / 1er juillet 2019

Voici le texte de la motion adoptée hier à l’unanimité de l’assemblée générale de la CGPER.

JPEG - 87.9 ko

« Le 11 juillet 2017, le préfet de La Réunion et les deux co-présidents du CTICS ont signé l’avenant à la Convention canne qui fixe les règles de paiement de la canne à sucre pour les campagnes 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021. Cette Convention rappelle les droits et les devoirs de chaque partie : planteurs, usinier et État.

Cet avenant a fixé de nouvelles règles en raison de la suppression du quota sucrier et du prix garanti. Pour compenser les pertes liées à la mise en concurrence du sucre réunionnais sur le marché mondial, l’État s’est engagé à verser tous les ans à la filière la somme de 28 millions d’euros, incluse dans une enveloppe de 38 millions d’euros pour l’outre-mer.

À ce jour, ces 38 millions d’euros n’apparaissent pas toujours dans le projet de Budget 2020 de l’État. L’alerte est sérieuse, rappelons que :

- le 17 juin, le préfet a déclaré lors de sa prise de fonction que pour cette aide compensatoire, « les arbitrages n’ont pas été rendus ».
- le 18 juin, la ministre des Outre-mer a déclaré en réponse à une question de la députée Huguette Bello : « sachez que le projet de loi de finances pour 2020 est en préparation et que ce sujet est, bien évidemment, débattu entre les différents ministères – faut-il renouveler cette aide à une transition ? Sachez que le Gouvernement est mobilisé ».

L’assemblée générale de la CGPER, réunie ce 30 juin 2019,

- déclare que cette incertitude est intolérable et porte un nouveau coup à la visibilité de notre filière ;

- affirme que la question de la reconduction de cette aide ne doit pas faire l’objet de la moindre discussion. L’État s’est en effet engagé par sa signature dans la Convention canne, le gouvernement doit respecter l’engagement écrit de l’État et inscrire dans ses dépenses pour 2020 les 38 millions d’euros, dont 28 millions reviennent à La Réunion ;

- salue le soutien de plus en plus large des parlementaires, de la Région, du Département et des élus en général aux côtés de cette revendication. C’est la preuve que la défense de notre filière est un sujet qui rassemble les solidarités ;

- rappelle que la filière canne apporte à La Réunion 18000 emplois directs et indirects, que la culture de la canne reste le pivot de l’agriculture réunionnaise, et la matière première de nombreuses valorisations allant dans le sens du développement durable ;

- demande que l’État prenne pleinement en compte les fonctions sociales, environnementales et économiques de notre filière, et considère que la période transitoire liée à la fin du quota ne se terminera pas en 2021, et par conséquent maintienne son accompagnement financier au moins au niveau actuel.

Fait au 23e kilomètre, le 30 juin 2019 »