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CGPER : « Canne à sucre : l’État, la Région et le Département doivent aider les planteurs à reconstituer leur trésorerie »

La campagne sucrière 2023 se prépare maintenant

mardi 13 décembre 2022


Pour la CGPER, la hausse très importante des prix des intrants sans compensation suffisante des pouvoirs publics est une des explications d’une campagne sucrière désastreuse en 2022 : à peine 1,3 million de tonnes de canne à sucre récoltées. Le syndicat appelle l’État, le Département et la Région à prendre conscience de la situation en dégageant des moyens financiers permettant aux planteurs de reconstituer leur trésorerie afin de préparer correctement la campagne sucrière 2023, affirme un communiqué de la CGPER publié hier sous la signature de son président, Jean-Michel Moutama.


« La campagne sucrière 2022 se termine. Pour l’usine du Gol, le résultat est très décevant. Les chiffres sont les suivants : 629 527 tonnes alors que les prévisions de début de campagne étaient de l’ordre de 750 000 tonnes.

Globalement, cette campagne sera la plus désastreuse depuis un demi-siècle, avec une prévision d’à peine 1,3 million de tonnes de cannes récoltées. C’est près de 400.000 tonnes de moins que la moyenne décennale, et nous sommes bien loin des 2 millions de tonnes espérées chaque année.

Les planteurs ont dû faire face à d’importantes augmentations du coût de production : le prix du carburant des tracteurs a doublé, celui des engrais s’est envolé, de 500-600 euros à 1100-1500 euros le coût de traitement d’un hectare. Cette spectaculaire inflation explique une baisse des rendements : les canniers n’avaient pas les moyens de travailler correctement.

La Convention canne signée cette année produira pleinement ses effets en 2023. La prochaine campagne sucrière se prépare maintenant. Elle sera essentielle pour rattraper les pertes considérables de 2022. Mais face à une telle échéance, la CGPER déplore que les pouvoirs publics n’aient pas encore pris conscience de l’ampleur du problème.

La CGPER demande au Conseil Départemental d’aller bien au-delà de son aide de 150 euros par hectare pour les productions végétales. Cette collectivité a les moyens de le faire.

La CGPER déplore un Plan de résilience de l’État inadapté à la structure des exploitations agricoles réunionnaises, et demande que l’État mette en place un outil qui puisse véritablement venir en aide aux planteurs.

La CGPER demande également à la Région Réunion, compétente en matière économique, de soutenir nos entreprises. La tenue d’État généraux de la canne est une avancée saluée par la CGPER, mais elle ne concerne que le moyen terme. Dans l’immédiat, les agriculteurs ont besoin de trésorerie.

La CGPER constate que d’autres professions, bénéficient d’aides publiques leur permettant de compenser la hausse du coût de production causée par celle du prix des matières premières et du fret.

Les planteurs sont les acteurs essentiels d’une filière qui fait vivre 18 000 emplois et qui constitue la principale exportation de La Réunion. Dans de nombreuses exploitations, la canne à sucre procure le revenu nécessaire pour la diversification dans le maraîchage et l’élevage. Sans ce revenu, ces exploitations mettraient la clé sous la porte et La Réunion serait quasiment totalement dépendante des importations pour se nourrir.

C’est pourquoi la CGPER appelle l’État, la Région et le Département à s’organiser pour donner aux canniers les moyens de préparer la campagne sucrière 2023 dans de bonnes conditions : les planteurs sont un pilier de l’économie réunionnaise. »

Le Président de la CGPER
Jean-Michel Moutama


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