Canne à sucre

CGPER : « Erreur lourde de conséquences de la DAAF dans le versement d’une aide aux planteurs »

Le syndicat dénonce le recours envisagé à Tereos pour rattraper une grave erreur de la DAAF

Témoignages.re / 10 septembre 2020

Pour pallier à une erreur de la DAAF dans le versement d’une aide de solidarité du CPCS, il est envisagé de demander à Tereos de s’occuper de cette tâche à la place du service de l’État. « Si on voulait démontrer que Tereos était indispensable à la filière canne, on ne pourrait pas mieux s’y prendre », souligne Jean-Michel Moutama, président de la CGPER qui rappelle que les discussions de la prochaine Convention canne démarreront l’année prochaine. Et de souligner que « manifestement les planteurs sont traités comme des moins que rien, pendant que Tereos est présenté comme « le sauveur » de la filière ».

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« Par solidarité avec le monde cannier touché par la crise, la dernière assemblée du CPCS avait décidé de débloquer une partie du reliquat d’aide à la production : environ 2,3 millions d’euros.
Le paiement de cette aide avait été décidé selon les modalités suivantes :
1,80 euro par tonne de cannes pour les 700 premières tonnes livrées ;
0,85 par tonne de cannes pour le tonnage supplémentaire ;

Le service de la DAAF responsable du versement des aides de l’État avait la responsabilité de procéder au paiement par virement bancaire sur les comptes des planteurs.
Force est de constater que :
1. Le service de la DAAF a fait une multitude d’erreurs sur les RIB. Il a donc fait redébiter les virements alors que de nombreux planteurs sont déjà financièrement dans le rouge.
2. Pour les planteurs déjà à découvert, la somme n’a pas pu être récupérée.
Conséquence : les planteurs ont droit à une aide, elle n’est toujours pas versée

La CGPER dénonce l’incompétence de ce service. C’est le même service en charge du paiement des aides, il a donc en sa possession toutes les coordonnées bancaires des planteurs. Si une telle erreur est révélée aujourd’hui, ne cache-t-elle pas d’autres erreurs commises précédemment sur d’autres aides ?
Des planteurs n’ont-ils pas été floués de la sorte ?

Comment peut-on encore faire confiance à ce service de la DAAF ?

Mais le plus grave est à venir car il est envisagé d’utiliser le fichier planteur de Tereos pour que l’aide parvienne enfin chez les bénéficiaires.
Si on voulait démontrer que Tereos était indispensable à la filière canne, on ne pourrait pas mieux s’y prendre.

N’oublions pas que nous sommes à un an des négociations de la prochaine Convention canne et manifestement les planteurs sont traités comme des moins que rien, pendant que Tereos est présenté comme « le sauveur » de la filière. Comment pourrons-nous discuter sereinement dans un tel climat de désinformation ?

La CGPER condamne fermement par avance l’utilisation des fichiers de Tereos pour pallier à l’incompétence de la DAAF, car il est faux de croire que sans Tereos il n’y aura plus de planteurs de canne à La Réunion. C’est ce que ne cesse de rappeler la CGPER, et c’est une idée de plus en plus partagée. »