Canne à sucre

CGPER et sucre bio : les planteurs ne doivent plus être mis devant le fait accompli

Les planteurs considérés comme des partenaires de la filière ?

Témoignages.re / 5 mai 2020

Le 30 avril dernier, le président de Tereos Océan Indien a annoncé le début d’expérimentations afin d’évaluer la possibilité de produire du sucre bio à La Réunion. La CGPER constate qu’une fois de plus, les planteurs apprennent dans la presse qu’une décision stratégique pour la filière canne est prise unilatéralement par l’industriel Tereos. La CGPER « estime indispensable que les planteurs puissent avoir un droit de regard sur les recherches menées par eR’Canne, l’orientation de cette structure et la diffusion de ses travaux ne doit pas être l’exclusivité d’un industriel. Ceci donnera alors une illustration concrète d’un partenariat planteur-industriel, basé sur la confiance réciproque. »

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Un article publié le 30 avril dans « le Quotidien » sous le titre « Tereos se lance dans le bio » amène la CGPER à ces remarques :

Sur le fond de la démarche : produire du sucre bio

Le sucre bio suppose la culture de canne à sucre en bio. Sur ce point, la CGPER constate que l’industriel estime nécessaire des études préalables très poussées en termes économiques, d’itinéraire technique et de process industriel, et rappelle que plusieurs années sont nécessaires afin de réunir les conditions obligatoires à la certification Bio.
Ce point de vue rejoint celui de notre syndicat. A la différence de la Chambre d’agriculture, nous considérons en effet que le sucre bio ne peut pas être considéré comme une valorisation possible à court-terme de notre production de cannes. Par conséquent, ce sucre bio ne pourra pas dans l’immédiat s’intégrer dans les discussions qui s’ouvriront sur le calcul du prochain prix de la canne, la nouvelle Convention canne.
Aussi, cette mise au point de l’industriel devrait faire réfléchir la Chambre d’Agriculture, ainsi que les autres institutions qui pensent que le sucre bio peut être une solution d’avenir à La Réunion.

Sur la forme de la démarche : des expérimentations déjà lancées

La CGPER a appris cette information dans la presse. Une fois de plus, les planteurs sont traités comme quantité négligeable. En effet, sans planteur de cannes, il n’y a pas de sucre. C’est d’ailleurs pour cela qu’il existe une Interprofession, où représentants élus des planteurs et des industriels doivent discuter des orientations stratégiques de la filière, et des applications concrètes. Cette Interprofession a un cadre, ce sont les Commissions mixte d’usine et le CPCS. C’est là que Tereos devait d’abord parler de son projet de sucre bio, avec les élus des planteurs.
L’annonce d’essais de culture de canne bio met encore les planteurs devant le fait accompli alors que les discours officiels tenus par Tereos et l’État affirment que planteurs et industriels sont partenaires. Ce n’est pas la première fois qu’un tel fait se produit.
En 2018, les planteurs ont appris qu’une raffinerie de sucre allait être construite à La Réunion lors de la présentation du projet à un ministre de l’Agriculture en visite à La Réunion !
Si nous sommes des partenaires, alors il faut que chacun joue carte sur table. Les planteurs en ont assez de se voir imposer des décisions engageant toute la filière, prises sans concertation par l’industriel.
Afin que les prochaines discussions de la Convention canne puisse se dérouler dans la sérénité, tout le monde doit jouer cartes sur table.
Pour conclure sur ce point, la CGPER estime indispensable que les planteurs puissent avoir un droit de regard sur les recherches menées par eR’Canne, l’orientation de cette structure et la diffusion de ses travaux ne doit pas être l’exclusivité d’un industriel. Ceci donnera alors une illustration concrète d’un partenariat planteur-industriel, basé sur la confiance réciproque.