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par le Dr Raymond Vergès

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CGPER : « L’attitude de Tereos menace-t-elle la pérennité des aides de l’État à la filière canne-sucre-alcools-énergie ? »

Inquiétude au sujet du silence de l’industriel sur la situation actuelle

samedi 7 janvier 2023


Dans un communiqué diffusé ce 6 décembre sous la signature de son président Jean-Michel Moutama, la CGPER fait part de ses interrogations au sujet de l’attitude de Tereos, compte tenu de la succession de campagnes sucrières en dessous de la moyenne alors que l’État a augmenté son soutien à la filière via la Convention canne entrée en vigueur en 2022. « Devant le silence de Tereos face à la baisse de production de canne à sucre, l’État ne risque-t-il pas de s’interroger sur la pertinence de son soutien important à la filière ? », conclut le communiqué.


Le résultat de la campagne sucrière 2022 est historiquement bas : à peine 1,3 million de tonnes de cannes à sucre récoltées. En 2021 et en 2020, le résultat était de l’ordre de 1,5 million de tonnes. La dernière campagne à peu près conforme à la moyenne remonte à 2019, avec 1,7 million de tonnes récoltées. 2022 a vu la signature de la nouvelle Convention canne. L’État a fait un effort important pour soutenir la production de cannes à sucre.

La CGPER constate le silence de l’industriel Tereos. Logiquement, la baisse durable de la production de sa matière première doit inquiéter n’importe quel transformateur. Mais Tereos ne s’est toujours pas exprimé sur cette baisse très inquiétante de la production et pour faire part de ses propositions pour améliorer la situation.

La dernière note de conjoncture de France Agrimer sur le marché du sucre annonce des cours très élevés (voir ci-dessous). En Europe au mois d’octobre, le prix moyen de la tonne de sucre blanc était de 586 euros la tonne, soit 182 euros au-dessus du prix de seuil. Ces cours sont en hausse régulière depuis 2019, avec une accélération depuis le mois d’août : augmentation d’au moins 20 %.

La CGPER rappelle que l’industriel bénéficie d’une aide forfaitaire de 44 millions d’euros par an, à laquelle s’ajoute une autre de 28 millions d’euros par an, également indépendante de la production, pour qu’il puisse vendre plus facilement le sucre produit avec nos cannes, suite à la fin des quotas en 2017. Au moment où ces aides ont été mises en place, le tonnage moyen de cannes traitées dans les usines de Tereos à La Réunion était supérieur à 1,7 million de tonnes.

Ces éléments de contexte amènent la CGPER à poser les questions suivantes :
Comment est utilisé l’argent des aides publiques forfaitaires touchées par Tereos ?
Compte tenu d’un déficit de production de cannes à sucre supérieur à 300 000 tonnes, quel est le niveau du reliquat des aides publiques forfaitaires bénéficiant à Tereos, et comment est utilisé ce reliquat ?
A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle de la part de l’industriel : avec le prix élevé du sucre, une partie voire la totalité de ce reliquat d’aides versées à Tereos ne pourrait-elle pas alimenter une enveloppe gérée par le CPCS (interprofession regroupant les planteurs et l’industriel) pour aider à relancer la production de canne à sucre ?
Devant le silence de Tereos face à la baisse de production de canne à sucre, l’État ne risque-t-il pas de s’interroger sur la pertinence de son soutien important à la filière ?

Le Président de la CGPER
Jean-Michel Moutama


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