Canne à sucre

Compensation intégrale pour les petits et moyens planteurs

La CGPER et la réforme de l’OCM-Sucre

Témoignages.re / 29 novembre 2004

Hier, dans une conférence de presse, la CGPER a annoncé qu’elle allait écrire aux députés réunionnais siégeant au Parlement européen. Il s’agit de leur demander de plaider pour la compensation intégrale du prix de la tonne de cannes pour les petits et moyens planteurs dans le cadre de la renégociation de l’OCM-Sucre.

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"Le combat pour la filière cannes ne fait que commencer. Il y a eu le rapport Fischler. Maintenant, c’est au niveau du Parlement européen que va se dérouler le débat", indique Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER qui tenait hier matin une conférence de presse à Dioré, dans les hauts de Saint-André.
Une réunion importante se déroulera demain au Parlement européen, sur l’organisation commune du marché du sucre (OCM-Sucre). Une réunion à laquelle participeront notamment Paul Vergès, Jean-Claude Fruteau, rapporteur pour l’OCM-Sucre, et Margie Sudre, députés au Parlement européen
La CGPER en appelle aux trois députés. Elle s’apprête à leur adresser une lettre pour préciser la position du syndicat majoritaire chez les planteurs de cannes : compensation intégrale du prix de la tonne de cannes pour les petits et moyens planteurs.
"La filière est à un tournant. Surtout les petits et moyens planteurs. Il faut faire comprendre à Bruxelles que ces planteurs de La Réunion, plus que dans les autres régions ultrapériphériques, travaillent dans des conditions difficiles : des exploitations de 5,40 ha en moyenne, un terrain accidenté, un handicap d’éloignement et de coût de production", explique le président de la CGPER.
D’après lui, "il faut réserver un traitement à part pour La Réunion où les coûts de production sont les plus chers d’Europe. Les petits et moyens planteurs ne supporteront pas une baisse de 33 % du prix de la tonne de cannes".

Recentrer le débat

Or, pour Jean-Yves Minatchy, le poids des petits et moyens planteurs à La Réunion est déterminant. L’année dernière, sur 1,92 millions de tonnes de cannes, ils en ont assuré la livraison de 1,6 millions tonnes. "Sans les petits et moyens planteurs la filière s’arrête. Ce sont eux qui ont le plus investi : achat de terres et de matériel agricole, épierrage, irrigation... et la filière canne, ce sont 5.000 producteurs, 15.000 emplois, et le premier produit d’exportation", affirme-t-il.
"Si il n’y a pas une compensation intégrale pour les petits et moyens planteurs, une catégorie de planteurs va disparaître", martèle le président du syndicat agricole. D’autant qu’il fait le pari d’une augmentation de la production, si la volonté politique est au rendez-vous.
Il estime que si 75% des 26.000 ha des terres cannières sont irriguées, on peut arriver à 2,4 millions de tonnes de cannes. Il s’appuie sur la production de 1982 (2,49 millions de tonnes pour 268.000 tonnes de sucre) et de 1988 (2,2 millions de tonnes pour 266.000 tonnes de sucre).
Au-delà de cette échéance pressante de la renégociation de l’OCM-Sucre, Jean-Yves Minatchy estime que la priorité pour le monde agricole, "c’est de sauver ce qui existe". Il regrette que la loi de modernisation ait été élaborée "à la va-vite". Il peste contre la multitude de rapports comme les cahiers de l’agriculture du Département. "Pourquoi pas le livre, le dictionnaire de l’agriculture... ou sa nou sava ?" Il plaide pour un développement agricole cohérent pour La Réunion et, pour cela, pour le recentrage du débat en fixant comme objectifs, dans un premier temps, "la sauvegarde des filières existantes, l’extension de l’irrigation et la baisse des coûts de production. Après, on verra ce qu’il faut faire".

L.M.