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À 10 jours de la visite du Premier ministre à La Réunion
2 juin 2015, par

Hier, le Centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre accueillait la première réunion de négociation de la Convention canne. Autour de la table : la CGPER, la FDSEA, Tereos Océan Indien et l’État.
A un peu plus d’un mois du début de la coupe, et à 10 jours de la visite du Premier ministre, le prix de la canne n’est toujours pas fixé. Pour le moment, planteurs, usiniers et État n’ont pas encore abouti à un accord fixant ce prix ainsi que le montant précis des aides publiques versées aux agriculteurs et des industriels.
Rappelons que traditionnellement, la Convention canne a une période de plusieurs années. Celle qui vient de s’achever a duré 9 ans. En 2017, la filière canne vivra un changement considérable. Le prix de son principal produit ne sera plus garanti par l’Union européenne. En effet, à partir de 2017, le quota sucrier n’existera plus donc l’Europe n’aura plus l’obligation d’acheter à un prix garanti au-dessus du cours mondial le sucre éventuellement invendu. Face à la concurrence mondiale, le sucre réunionnais a un coût de production plus élevé. La filière demande donc que l’État compense pour qu’il soit encore possible de vendre du sucre de La Réunion après 2017.
L’an dernier, le président de la République a engagé la France à verser une aide supplémentaire de 38 millions d’euros par an à partir de 2017, à condition que la Commission européenne soit d’accord. Mais la demande n’a toujours pas été transmise à Bruxelles. Les discussions sur la Convention canne débute donc sans savoir si cette subvention supplémentaire sera bien versée.
Avant d’entrer dans la salle des négociations, la CGPER a tenu une conférence de presse pour présenter ses revendications.
Elle demande tout d’abord un accord-cadre sur 6 ans, ainsi que « la confirmation par le Premier ministre de l’inscription de la filière dans une perspective durable et la confiance de l’État à travers l’accord-cadre jusqu’en 2021 ». Sur le plan des revenus, le syndicat demande un hausse de 8 euros du prix de base de la tonne de canne. Cela équivaut à demander à l’usinier de verser 47, 09 euros par tonne de canne de richesse 13,8 achetée au lieu de 39,09 euros. La CGPER revendique aussi une richesse plancher à 12,5 et une révision du mode de calcul de la richesse en sucre. Les producteurs d’électricité, Albioma et EDF, ne sont pas autour de la table. Mais ils exploitent une richesse de la canne, sa bagasse. La CGPER demande que le prix de la bagasse ne descende pas en dessous de 13 euros par tonne de canne livrée.
Les pouvoirs publics sont également sollicités. La CGPER souhaite que l’aide à la replantation s’élève à 500 euros par hectare, que l’indemnité compensatrice de handicap naturel (ICHN) augmente en zone irriguée, et une simplification administrative.
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