Canne à sucre

Diversifier l’agriculture réunionnaise

Les Verts-Réunion et la filière canne

Témoignages.re / 2 septembre 2004

Face à la complexité des négociations internationales qui remettent en cause l’avenir de la filière canne à La Réunion. Face aux enjeux de la diversification de l’agriculture locale, portée par le soucis de limiter les importations pour se tourner vers l’autosuffisance, les Verts-Réunion prônent une « relocalisation de l’agriculture », pour une production plus saine et l’instauration progressive d’un nouveau mode de vie.

En dépit du poids identitaire, culturel, affectif de la canne à sucre à La Réunion, de la dynamique d’exportation qu’elle engendre, mais aussi de ses avantages en terme d’érosion de glissements de terrains, de création d’emplois, de production d’énergie électrique, les Verts-Réunion se demandent s’il ne faudrait pas, dès à présent, anticiper "la reconversion" de l’agriculture réunionnaise. Selon le Verts-Réunion, l’économie sucrière est menacée par la baisse constante du prix du sucre, alors que La Réunion ne peut rivaliser avec la concurrence mondiale, qui possède une main d’œuvre à des prix dérisoires, de même qu’une situation géographique beaucoup plus favorable.
Dans le même temps, ils constatent que notre île importe massivement viandes, fruits et légumes, et qu’"il est urgent de réduire cette dépendance", d’autant qu’avec l’augmentation du baril de pétrole, le coût des transports va de plus en plus se répercuter sur le prix des importations. La solution des Verts : la relocalisation de l’agriculture réunionnaise, sa diversification, "avec le souci de fournir prioritairement le marché local pour tous les consommateurs".
Cette dynamique permettrait de faire appelle à "l’inventivité réunionnaise et de puiser largement dans le réservoir de main d’œuvre inemployée". Une agriculture avant tout biologique et sans OGM pour garantir la qualité des produits et la protection de l’environnement. Pour les Verts-Réunion, la canne à sucre garderait "une place certaine", mais priorité doit être faite à l’émergence de nouvelles niches de marché (points de vente de proximité de produits frais...). Les Verts-Réunion se proposent ainsi de débattre de ces points avec les syndicats et les acteurs de la filière agricole, les consommateurs et contribuables, afin d’envisager ensemble les perspectives d’avenir.

Estéfany