Canne à sucre

Écouter les petits et moyens planteurs

La CGPER et l’aide à la replantation de cannes

Témoignages.re / 24 septembre 2005

Au cours d’une conférence de presse hier matin à Saint-Pierre, la CGPER a tenu à faire part du ras-le-bol des agriculteurs devant la bureaucratisation de leur profession : "les agriculteurs passent plus de temps dans des bureaux que sur leur exploitation", explique le syndicat. La CGPER cite la nouvelle procédure pour les dossiers d’amélioration foncière "pondue par un groupe d’experts du comité de pilotage de la canne sous la houlette d’un responsable foncier départemental".
Devant entrer en vigueur le 1er octobre 2005, cette procédure a pour conséquence de "rallonger considérablement les dossiers pour les agriculteurs, faire payer aux agriculteurs des services jusqu’ici gratuits et légitimer une cellule canne qui s’est faite remarquée par son inefficacité et incompétence".
La CGPER rappelle que "face à la chute du nombre de dossiers de replantation canne, la CGPER avait demandé une simplification des démarches administratives ainsi que le versement en une seule fois des aides à la replantation et non un saucissonnage sur plusieurs mois".
Maintenant, "si cette nouvelle procédure est adoptée, les dossiers de replantation vont devenir un vrai parcours du combattant et sans nul doute décourageant pour les planteurs"
"Les agriculteurs devront programmer leur demande de travaux fonciers sur plusieurs années alors qu’un professionnel sait que l’agriculteur ne peut prévoir des améliorations foncières qu’en tenant compte des conditions climatiques, de sa trésorerie ou des rendements de sa parcelle", explique la CGPER qui ajoute que "tous les travaux d’améliorations foncières devront faire l’objet d’une passation de marché public avec appel d’offre auprès de toutes structures habilitées". Que se passe-t-il si l’appel est infructueux ? interroge la CGPER.
"Avec l’augmentation des coûts de production (+30% pour les prix des intrants) l’incertitude face à la réforme de l’OCM-Sucre, le paiement de nouvelles taxes (AEEXA, RCO, Frais de dossier chambre d’agriculture), comment les planteurs peuvent accepter cette nouvelle procédure", s’indigne le syndicat qui rappelle qu’"aujourd’hui certains organismes de travaux demandent même aux agriculteurs de verser 50% du montant des travaux à réaliser avant que ceux-ci ne débutent".
La CGPER demande au Département "qui a accepté de mettre en place cette nouvelle procédure en expérimentation qu’il n’est pas trop tard pour abroger cette procédure de technocrates immédiatement et de revoir cette procédure qui ne convient à personne en invitant les vrais professionnels à s’exprimer".
"Si aucune décision n’est prise, nous sommes prêts à exposer nos problèmes auprès des responsables politiques nationaux en visite dans notre Département", affirment les planteurs qui rappellent que "le maillon essentiel de la filière ce sont les petits et moyens planteurs et non pas les techniciens".