Canne à sucre

Elie Hoarau appelle Région et Département à la responsabilité

Le président du PCR propose trois mesures pour donner une perspective au pivot de l’agriculture réunionnaise

Manuel Marchal / 8 juin 2017

Elie Hoarau, président du Parti communiste réunionnais tenait une conférence de presse où il a annoncé plusieurs propositions pour soutenir le combat des planteurs et donner une perspective à une filière canne qui procure 18.000 emplois à La Réunion. Le PCR demande à la Région et au Département d’agir concrètement, et a annoncé sa participation au 14e Congrès mondial sur la canne à sucre qui se tiendra à la fin du mois à Cuba.

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Les planteurs en lutte ont besoin de la solidarité. Elie Hoarau appelle les collectivités à agir dans ce sens en créant les conditions pour donner une perspective à la filière canne.

Elie Hoarau, président du PCR, tenait hier une conférence de presse sur le thème de la crise de la filière canne-sucre. Cette rencontre avec les journalistes s’est déroulée en présence de Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, Yvan Dejean, porte-parole, Ary Yée Chong Tchi Kan et Johnny Lagrange Backary, secrétaires, Julie Pontalba, candidate de l’union PCR-Insoumis dans la 1ere circonscription, Georges Gauvin, membre de la section PCR de Saint-Denis, et Michèle Caniguy, conseillère départementale de Sainte-Suzanne/Cambuston/Petit-Bazar.

En pleine mobilisation des planteurs pour leur survie, le Parti communiste réunionnais reste depuis sa fondation l’organisation politique la plus en pointe dans la solidarité avec une filière riche de 18.000 emplois à La Réunion.

Les actions du PCR

Depuis plusieurs années, « le PCR n’eut de cesse de dire que la fin des quotas représente une crise ». La canne à sucre, ce sont 57 % des terres agricoles, la majorité des exportations, 18.000 emplois, rôle environnemental. « La canne est le pilier de la diversification de l’agriculture », a précisé le président du PCR. Un point de vue partagé notamment par la Fédération réunionnaise des coopératives agricole (FRCA) qui dit que : « l’avenir de notre agriculture dépend de la survie de notre filière canne-sucre ».

« Si la filière disparaît, toute la politique agricole compromise. Cela nécessite une mobilisation de tous. C’est loin d’être le cas, les planteurs sont seuls dans la lutte pour leur survie », ajouta Elie Hoarau.

Le PCR a alerté l’opinion à maintes reprises ainsi que les élus. « Les événements nous donnent raison » avec ce qui se passe dans la rue et les interrogations sur l’avenir de la filière.

Fin 2010 au Parlement européen, Elie Hoarau avait demandé une étude d’impact en prévision de la suppression des quotas. À l’initiative de son groupe au Conseil régional, une motion avait été votée à l’unanimité à la Région en 2014 pour engager la collectivité à se mobiliser. En 2015, une autre motion de l’Alliance adoptée par la Région avait pour but de demander la réunion des deux collectivités et de tous les acteurs de la filière. La même motion avait été présentée par Maurice Gironcel au Conseil départemental. « Toutes ces démarches sont restées sans effet » laissant l’impression que les deux présidents de ces collectivités se désintéressent de ce secteur. « La Région a la compétence de l’économie, le Département de l’agriculture. À part une lettre, que font-ils ? »

Solidarité avec les planteurs

Elie Hoarau demande au président de la Région et à la présidente du Département d’agir fortement pour montrer leur solidarité avec la filière canne-sucre. Si Didier Robert et Nassimah Dindar décident conjointement de réunir solennellement les deux conseils rapidement, en présence de la Chambre d’agriculture, « c’est le signal fort qui sera lancé aux agriculteurs ».

Cette réunion aura trois objectifs majeurs.

Tout d’abord la solidarité avec les planteurs pour débloquer la situation et ouvrir la campagne.

Ensuite : exiger de l’industriel la transparence dans ses comptes. Tereos reçoit des subventions de l’État, des crédits publics. Il doit communiquer ces chiffres et montrer ses comptes. L’État peut exiger cette transparence.

Enfin, créer un comité permanent pour définir une politique agricole à La Réunion et l’avenir de la filière canne-sucre. Ce comité doit comprendre des élus, des planteurs, des industriels et un représentant du ministère de l’Agriculture. Quand en France, il y eut l’annonce de la suppression des quotas, le ministère de l’Agriculture a pris l’initiative d’un tel comité.

Au Congrès de la canne à Cuba

La suppression des quotas sucriers signifie la fin du prix d’intervention de l’Union européenne, prix plancher garanti pour l’écoulement du sucre réunionnais. Sur ce point, Elie Hoarau note que « le cours mondial est de 170 dollars, le prix européen est de 404 euros la tonne ».

Si on se limite au sucre, l’avenir de la canne est compromis. Mais une multitude de produits peuvent être faits. 500 co-produits sont identifiés dont 100 déjà utilisés dans l’industrie et la recherche. Pourquoi ne pas le faire à La Réunion ?

« Pour être au fait de tout cela, il n’y a pas d’autre solution que de participer aux congrès internationaux sur le sucre et les dérivés. C’est là que sont présentées toutes ces nouveautés », a rappelé le président du PCR.

Le prochain congrès aura lieu du 26 au 30 juin à la Havane. 250 communications venues du monde entier sont déjà sur le bureau du congrès. Qui va y aller ? Pour le PCR, la participation de Tereos ne fait aucun doute mais qui représentera La Réunion ?

Une nouvelle industrie de la canne

Elie Hoarau propose que le comité permanent doit envoyer une délégation au 14e congrès international du sucre et de ses dérivés. Elie Hoarau a annoncé qu’il y aura au moins un Réunionnais à ce congrès, ce sera le représentant du PCR.

« Il n’est pas question de faire une croix sur la canne alors qu’on se limite à quelques produits », poursuit Elie Hoarau. « Ce peut être l’occasion d’initier une nouvelle politique industrielle à partir de la canne à sucre. C’est le rôle des collectivités de s’impliquer dans cette nouvelle politique industrielle » a souligné Elie Hoarau, « le rôle des dirigeants politiques de La Réunion est d’agir, l’heure de la responsabilité a sonné ».

« Il est nécessaire d’offrir une perspective et de montrer une volonté politique, sinon les planteurs seront livrés à eux-mêmes ce qui est propice aux dérives », a expliqué le président du PCR, « le rôle des dirigeants politiques de La Réunion est d’agir, l’heure de la responsabilité a sonné. C’est maintenant qu’ils doivent agir ».

M.M.