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Visite de Corina Cretu à Bois-Rouge
4 mai 2015

La Commissaire européenne a décidé de visiter l’usine de Bois-Rouge. Il est donc légitime de s’attendre à une prise de position de sa part sur la question de l’autorisation à accorder à la France pour verser une subvention permettant à la filière canne-sucre d’affronter sereinement la concurrence mondiale à partir de 2017. Pour Paul Vergès, « il n’est pas pensable que l’Europe n’accorde pas son aval à la demande du gouvernement français ».
Paul Vergès a annoncé que Corina Cretu va visiter Bois-Rouge. C’est une unité industrielle au cœur de la crise de la canne à sucre. Toute campagne sucrière doit débuter dans le cadre d’une convention canne, le document qui fixe le prix de la canne à sucre payée au planteur en fonction des contributions de l’industriel et de l’État.
C’est la première fois qu’à deux mois de la coupe, la convention n’est pas signée. Le problème pas technique mais financier, a précisé le sénateur. Dans deux ans, c’est la suppression du quota qui était la garantie du prix d’intervention de l’Europe pour acheter le sucre invendu. Ce prix d’intervention est au-dessus du cours mondial, fixe pendant toute la durée d’une PAC soit 6 années. En 2017, cette protection n’existera plus. Le sucre réunionnais sera face à la concurrence mondiale, et au lieu du prix d’intervention ce sera le cours mondial, nettement inférieur et fluctuant.
Les industriels s’interrogent sur l’engagement de l’État à compenser cette perte et refusent de signer au-delà de 2017. Les planteurs revendiquent une convention-canne d’au moins 5 ans, soit jusqu’en 2020 au minimum.
C’est la raison de l’engagement pris par le président de la République lors de sa visite à Bois-Rouge le 21 août dernier : aux 90 millions il faudra ajouter 38 millions pour faire face à la fin des quotas, mais il faut l’accord de la Commission européenne pour autoriser la France à verser ces subventions.
Corina Cretu est membre de la Commission européenne, chargée de la politique régionale. « Elle est responsable du développement économique de La Réunion. Elle ne peut pas échapper à une réponse. Elle ne peut pas dire on verra. Elle est attendue », a souligné Paul Vergès, pour qui « il n’est pas pensable que l’Europe n’accorde pas son aval à la demande du gouvernement français ».
« Par sa visite à Bois-Rouge, la Commissaire s’engage personnellement », a ajouté le sénateur qui conclut : « on ne peut pas dire que c’est un piège monté par la direction de la Région. Elle y va volontairement et y engage sa responsabilité ».
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