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Dans 15 jours, François Hollande à La Réunion
6 août 2014, par

En 2017, c’est la fin du prix minimum fixe et garanti pour le sucre de La Réunion. Tout est donc remis en cause car le prix de la canne est calculé en fonction de ce prix. Dans l’état actuel de la filière, une augmentation des subventions de l’Etat permettra de préserver les planteurs et les deux dernières usines. Dans 15 jours, François Hollande devra s’exprimer à ce sujet.
En 2017, ce sera la rupture avec un système datant d’avant la seconde guerre mondiale. Depuis des décennies, le sucre réunionnais bénéficie de la garantie de pouvoir écouler à un prix fixe et rémunérateur une certaine quantité de sucre sur le marché extérieur. Quand ce marché était la France, c’étaient les contingents. Quand La Réunion a été intégrée à l’Union européenne, les contingents sont devenus des quotas. La Quantité accordée à La Réunion est de 300.000 tonnes, soit bien plus que la production actuelle. Autrement dit, le sucre fabriqué à La Réunion a la certitude d’être acheté en Europe, soit par les clients des usiniers, soit par l’Europe au prix d’intervention car cette dernière est tenue de payer les invendus à un prix garanti.
En 2017, cette protection n’existera plus. Les usiniers n’auront plus la certitude d’écouler leur production, ils devront faire face à la concurrence internationale. Dans cette compétition, le sucre de betterave et le sucre roux d’Amérique latine sont bien moins chers. En 2017, le coût de production d’une tonne de sucre de canne de La Réunion sera 200 euros plus cher que celui d’une tonne de sucre de betterave.
Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le responsable de Téréos Océan Indien a précisé que si son entreprise n’est pas sûre de vendre son sucre, elle n’achètera pas la canne des planteurs.
Pour que le sucre de La Réunion puisse continuer à se vendre à un prix suffisamment rémunérateur, il est demandé à l’Etat de compenser la différence. Il donne aujourd’hui une subvention de 90 millions d’euros par an à la filière. Ce qui est revendiqué par les planteurs et les usiniers, c’est une hausse de 38 millions de cette enveloppe après 2017.
C’est la condition nécessaire à la mise en œuvre d’une nouvelle convention canne pour la période 2015-2021.
Cette condition existait le 25 juillet, date de l’intervention prévue de François Hollande dans la cour de la sucrerie de Bois-Rouge. Elle est toujours là.
Seule une décision politique permettra de clarifier la situation, et le 21 août, c’est justement celui qui décide en dernier ressort qui sera là.
M.M.
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