Canne à sucre

Filière canne : à quoi joue le gouvernement ?

Confirmation du maintien de l’aide de 38 millions, l’incertitude aurait dû être évitée

Manuel Marchal / 19 juillet 2019

Lors d’une conférence de presse hier, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, et Annick Girardin, ministre des Outre-mer, ont annoncé le maintien dans le prochain budget de l’aide de 38 millions destinée à compenser la fin des quotas sucriers outre-mer. Cette décision tombe au bout de plusieurs semaines d’incertitude qui auraient pu être évitées et qui ont porté un coup à la filière.

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Pour La Réunion, il suffisait en effet que le gouvernement respecte dès le départ la signature de l’État dans la Convention canne. Or, depuis plusieurs semaines, la non-inscription de ces 38 millions dans le prochain budget a porté un rude coup à la filière qui d’un coup n’avait plus de visibilité. Car Tereos menaçait de dénoncer la Convention canne qui l’oblige à acheter toutes les cannes livrées, tandis que les planteurs se demandaient s’ils pouvaient commencer à préparer la prochaine campagne.
Il est à noter que le gouvernement fixe des conditions pour la poursuite du soutien de l’État à la filière. Voici un extrait du communiqué diffusé hier par le ministre de l’Agriculture :

« Dans le cadre de cette notification future, les ministres demandent aux acteurs de la filière de s’engager à bâtir, en lien avec les autres filières agricoles et les élus des collectivités, un modèle agricole qui permette de relever les défis climatiques et sociétaux auxquels il doit faire face tout en tenant compte de l’évolution des tendances de marchés.
Cette réflexion devra aboutir en juillet 2020 à des propositions sur la montée en gamme, la valorisation de l’origine ultramarine, le renforcement de la production biologique, la transition vers la canne énergie et le développement de nouvelles filières pour s’affranchir notamment des importations d’aliment du bétail.
L’accompagnement durable par l’État de cette filière sera lié à la capacité qu’elle aura à s’adapter en construisant avec l’ensemble des acteurs des territoires concernés un projet agricole global, soutenable dans le temps. »

Plan stratégique pour la betterave

La veille, le ministre de l’Agriculture a ouvert une grande concertation sur l’avenir de la filière betterave-sucre en France où

« l’ensemble des participants a fait le constat d’une filière confrontée à des défis majeurs : transition agro-écologique, fin des quotas sucriers, renforcement de la concurrence internationale (MERCOSUR) (…) Dans un esprit de coopération et de co-construction, le gouvernement et les acteurs présents ont décidé d’ouvrir, sous l’animation de l’interprofession (AIBS), une concertation en vue d’établir un plan stratégique pour la filière betterave-sucre. Ce plan aura pour objectif de construire une vision et une ambition partagées pour l’avenir de la filière en France.
Cette concertation, associant l’ensemble des acteurs, y compris les syndicats de salariés, devra aboutir d’ici la fin du mois de septembre 2019. »

M.M.