Canne à sucre

Filière canne : la CGPER pour le respect de la parole de l’Etat

Une motion transmise au sous-préfet de Saint-Pierre

Manuel Marchal / 10 juillet 2019

Après avoir tenu une conférence de presse hier matin à la balance des Casernes à Saint-Pierre, la CGPER a remis hier après-midi au sous-préfet de l’arrondissement la motion adoptée à l’unanimité par son assemblée générale le 30 juin dernier. Elle demande au gouvernement de respecter l’engagement de l’État à verser les 28 millions d’euros prévus dans la Convention canne signée en 2017.

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Hier matin à Saint-Pierre, des planteurs venus de l’Ouest et du Sud se sont rassemblés à la balance des Casernes à Saint-Pierre à quelques jours du début de la campagne sucrière. La direction de la CGPER y a tenu une conférence de presse pour accentuer la mobilisation en faveur de la survie de la filière canne, menacée par la non-inscription de l’aide compensatoire à la suppression des quotas sucriers dans le Budget 2020 de la France.

Cette question avait été un temps fort de la dernière assemblée générale de la CGPER, tenue le 30 juin dernier à la Plaine des Cafres. Elle avait fait l’objet d’une motion adoptée à l’unanimité, a rappelé hier Jean-Bernard Maratcha, président de la CGPER. « Nous demandons que l’État tienne sa parole et verse les 28 millions d’euros à la filière canne. C’est cette motion que nous allons remettre cet après-midi à M. le Sous-préfet de Saint-Pierre », a-t-il dit en substance.

Le dirigeant syndical a rappelé que si l’incertitude persiste, « Tereos menace de dénoncer la Convention canne. L’usinier a dit deux possibilités : acheter la canne en enlevant 28 millions d’euros à la recette des planteurs, soit 14 euros par tonne de cannes, ou fermer les deux usines du Gol et de Bois-Rouge ».

Or les planteurs doivent dès maintenant prévoir une budget pour préparer la campagne sucrière 2020, par exemple commander l’engrais rapidement pour le recevoir à la fin de l’année. L’inquiétude déborde largement la filière, car c’est autour de la canne à sucre que s’organise l’agriculture et l’agroalimentaire, a souligné la CGPER. A cela s’ajoutent les transporteurs qui comptent sur la campagne sucrière pour remplir leurs carnets de commande. Au total, ce sont plus de 18000 emplois qui dépendent de la décision du gouvernement.

Préparer la prochaine Convention canne

La CGPER a également fait part de son inquiétude à cause de la signature par l’Union européenne d’accords commerciaux avec le MERCOSUR et le Vietnam. Ils créent les conditions d’une plus grande concurrence pour les exportations réunionnaises de sucre en Europe, pour les productions locales sur le marché réunionnais. Le syndicat craint de voir encore augmenter les importations de viandes bon marché, produites dans des conditions sociales et environnementales bien loin des standards européens.

Le syndicat a également évoqué le plus long terme, en particulier la prochaine Convention canne. Le remplacement du charbon par la biomasse dans les centrales du Gol et de Bois-Rouge et l’interdiction du plastique dans les récipients alimentaires changent la donne. En effet, le plastique peut être remplacé par la bagasse, et les Réunionnais sont de grands consommateurs de barquettes en plastique. La CGPER annonce qu’elle sera donc très vigilante pour faire respecter les intérêts des planteurs dans ce contexte nouveau, qui ouvre de nouvelles perspectives de valorisation pour la bagasse et la mélasse : autant de pistes pour l’augmentation des revenus des planteurs.
Une délégation a été reçue hier après-midi à la sous-préfecture. Elle a pu échanger avec le sous-préfet et lui remettre la motion.

M.M.