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Deuxième réunion du Comité de transformation agricole
21 février 2020, par

Alors que les échanges se poursuivent au sein du Comité de transformation agricole, la réunion d’hier a été marquée par deux annonces. Dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie pour un autre modèle agricole par l’État, les propositions des professionnels pourront contribuer à un document qui devra être bouclé le 7 juillet prochain. L’autre annonce est relative à la Convention canne, avec des négociations qui pourraient débuter en septembre.
Le Comité de transformation agricole, présidé par Jacques Billant, préfet de La Réunion, a tenu hier sa deuxième session. Plusieurs thèmes étaient à l’ordre du jour au cours d’une rencontre consacrée à la filière canne.
Tout d’abord, le CPCS a présenté le résultat des travaux de sa réunion élargie du 7 février dernier. La Chambre d’agriculture et le Département sont ensuite intervenus pour présenter Agripéi. Enfin, la Région devait présenter « l’avancée de l’étude macro-économique sur le développement d’une filière de valorisation de la cane fibre à La Réunion ».
Rappelons que l’année dernière, la filière avait connu une sérieuse alerte en raison de la non-inscription dans le Budget de l’État d’une aide de 28 millions d’euros qui compense la fin du quota et du prix garanti qui était alors la base de fonctionnement de la filière depuis des décennies. Après plusieurs semaines d’incertitudes, la somme fut finalement inscrite au Budget pour cette année. Mais rien ne garantit la pérennité de cette aide, qui a pour but d’aider la filière à se restructurer pour être capable de résister à la concurrence mondiale sur le produit actuellement le plus valorisé : le sucre.
Parmi les questions qui ont été abordées, l’éventualité de produire du sucre bio qui serait acheté par le groupe Carrefour. Comme l’a souligné Isidor Laravine (CGPER, co-président du CPCS), cette proposition est très floue, à commencer par le prix auquel ce sucre sera vendu. Le bio impose un cahier des charges qui obligera les fournisseurs d’effluent d’élevage à ne donner que du bio à manger à leurs animaux. A cela s’ajoute le temps nécessaire pour la conversion des terres.
Isidor Laravine indique qu’à La Réunion, les traitements phytosanitaires sont moins importants qu’en France et souligne, au sujet du glyphosate, que s’il est interdit un jour à La Réunion, alors cette interdiction devra aussi s’appliquer aux importations.
Johan Barbe, membre du Bureau de la CGPER, ajoute que la plantation de cannes à sucre en agriculture biologique nécessite une main d’œuvre plus importante. Ceci augmentera le coût de production et interroge sur la commercialisation possible, eu égard à la concurrence. Il constate aussi que dans l’état actuel de la filière, les cannes produites en bio devront être les premières cannes livrées aux usines à l’ouverture de la campagne sucrière. La totalité de la récolte devra être traitée par les sucreries avant que les autres cannes à sucre puissent être broyées. Cela signifie que ceux qui ne plantent pas en bio devront reporter leurs livraisons, ce qui raccourcira pour eux la durée de la campagne.
La canne-fibre est aussi un projet encore bien lointain. Johan Barbe précise qu’une variété actuelle est une canne mixte, qui demande moins de travail pour pousser, mais qui est plus dure à couper. Parmi les options proposées, celle du remplacement de la canne à sucre par de la canne-fibre n’est pas réaliste à court terme. Dans une interview accordée au Quotidien, le directeur de eR’Canne avait été clair à ce sujet. S’il est demandé d’aller vers la canne-fibre, alors une variété adaptée à La Réunion ne pourra pas voir le jour avant 2035.
De cette réunion, deux annonces concrètes ont été faites. Dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie pour un autre modèle agricole par l’État, les propositions des professionnels pourront contribuer à un document qui devra être bouclé le 7 juillet prochain. L’autre annonce est relative à la Convention canne, avec des négociations qui pourraient débuter en septembre. Rappelons que la Convention canne fixe le prix de la canne payé au planteur, et qu’elle arrive à échéance l’année prochaine.
M.M.
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